À Kinshasa, le cimetière de Kintambo, jadis lieu de recueillement et de mémoire, n’a plus rien d’un espace sacré. Les allées autrefois silencieuses sont désormais envahies par un marché pirate où se mêlent étals de fortune, déchets et désordre.
Les tombes, dégradées et parfois recouvertes d’ordures, témoignent d’une profanation qui choque le bon sens et plus globalement les familles des défunts.
Un lieu de repos pour les morts devenu dépotoir
Ce site historique, censé incarner le respect dû aux disparus, s’est transformé en dépotoir à ciel ouvert. Les vendeurs y installent leurs marchandises sans scrupule, piétinant les sépultures et accentuant la dégradation des monuments funéraires. Il s’agit-là d’une atteinte grave à la dignité des morts et à la mémoire collective.
La colère des familles
Les proches des défunts expriment leur indignation face à ce qu’ils qualifient de « profanation inacceptable ». Ils accusent l’abandon du cimetière et l’absence de surveillance d’avoir ouvert la voie à ces dérives.
« Comment peut-on laisser un lieu de repos devenir un marché anarchique ? », s’interroge une famille rencontrée sur place, réclamant des mesures urgentes.
Un appel à l’action
Les habitants de Kintambo exigent la mise en place d’un plan permanent de nettoyage, de sécurisation et d’entretien. Ils plaident pour une réhabilitation du site afin de préserver son caractère sacré et historique. Pour eux, il ne s’agit pas seulement de protéger les tombes, mais aussi de restaurer le respect dû aux ancêtres et à la mémoire urbaine de Kinshasa.
Le cimetière de Kintambo, créé en 1954 sur près de 50 hectares, est l’un des plus anciens lieux d’inhumation de Kinshasa. Fermé officiellement depuis plus de 40 ans, il a pourtant continué à accueillir des inhumations par superposition, effaçant plus de 123 000 sépultures et fragilisant la mémoire collective.
Pourtant sa fermeture officielle avait été prononcée il y a plus de 44 ans en raison de la saturation. Malgré cette décision, les inhumations ont continué, souvent par superposition (nouveaux corps enterrés au-dessus des anciens).
Conséquence : plus de 123 200 sépultures effacées, rendant impossible pour des milliers de familles de retrouver les tombes de leurs proches. Une triste réalité qui s’impose à la vue au mépris du respect dû aux disparus et visiblement l’autorité urbaine semble faire le mort…
B.M.






