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Série noire d’incendies en RDC : l’ampleur d’une urgence nationale

En l’espace de quelques jours, une succession d’incendies d’une ampleur inédite a plongé le pays dans le deuil, révélant au grand jour une crise sécuritaire et humanitaire majeure.

Un nouvel incendie a ravagé plus de 40 maisons dans un quartier résidentiel de Bukavu, à peine 24 heures après celui qui a coûté la vie à plus de 20 enfants dans deux écoles de la commune de Kadutu.

Ce drame n’est pas un cas isolé. Il s’inscrit dans une véritable série noire qui frappe le pays depuis début septembre.

Bukavu, le cœur du drame

La ville de Bukavu paie le plus lourd tribut. En une semaine, les bilans s’enchaînent et donnent le vertige :

  • 6 septembre : Plus de 700 maisons détruites en une semaine dans le seul quartier de Panzi, commune d’Ibanda.
  • 10 septembre : Les écoles Ujamaa et Furaha, dans la commune de Kadutu, ravagées par les flammes. Bilan provisoire : entre 20 et 29 élèves morts, une vingtaine de blessés et plus de 300 maisons détruites dans les incendies propagés autour.
  • 11 septembre : Plus de 40 habitations réduites en cendres dans un quartier résidentiel, aggravant la crise humanitaire.

Au total, les autorités provinciales recensent plus de 2 500 cas d’incendies depuis juillet-août dans la province du Sud-Kivu.

Ailleurs dans la province, à Buhozi, plus de 7 000 personnes se sont retrouvées sans abri après la destruction de leurs maisons.

La capitale est également frappée de plein fouet. En moins d’une semaine, cinq incendies majeurs ont été recensés :

  • La salle de fêtes Panacée (nuit du 4 au 5 septembre) : un incendie lors d’un mariage a fait 22 morts, dont plusieurs personnalités et journalistes.
  • Un immeuble d’habitation à Barumbu.
  • La salle Bonne Auberge à Limete.
  • L’école catholique Saint-Pierre.
  • Un site à N’djili.

Cette répétition des drames à Kinshasa et à Bukavu traduit une seule et même réalité. Avec en prime trois urgences : prévenir, équiper, normer. Ces tragédies qui endeuillent des centaines de familles révèlent trois failles structurelles.

Un manque criant d’équipements. Les villes congolaises disposent de peu ou pas de camions anti-incendie fonctionnels. Les interventions arrivent toujours trop tard, laissant les populations livrées à elles-mêmes avec des seaux d’eau.

Plus de 2 000 sinistrés ont passé la nuit du 10 septembre à la belle étoile à Bukavu, sans abri ni produits de première nécessité.

À Buhozi et Panzi, ce sont des milliers de familles qui dorment dehors. A cela s’ajoute l’absence totale de normes de sécurité.

Écoles en matériaux précaires, salles de fêtes sans issue de secours ni extincteur, branchements électriques anarchiques dans les quartiers populaires : rien n’est aux normes.

Sans un sursaut national, la RDC risque de voir se répéter ces tragédies.

Il est urgent de renforcer la prévention, d’équiper massivement les services de secours et d’instaurer – puis de faire respecter – des normes de sécurité strictes dans les écoles, les salles de fêtes et les quartiers populaires.

B.M.

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