La décision du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, d’interdire la présence des militaires et des éléments de la Police nationale congolaise sur les sites d’exploitation minière en dehors des missions prévues par la loi continue de susciter de nombreuses réactions.
Dans la ville de Kolwezi, poumon de l’industrie minière congolaise, cette mesure est globalement saluée, même si plusieurs acteurs insistent sur la nécessité de garantir son application effective.

Lors du dernier Conseil des ministres, le chef de l’État a dénoncé la présence « récurrente et persistante » des forces de défense et de sécurité dans plusieurs concessions minières du pays.
Selon lui, cette situation nuit à la gouvernance des ressources naturelles, fragilise les mécanismes de contrôle, favorise les circuits illicites et compromet les efforts visant à instaurer une exploitation minière responsable, transparente et conforme aux standards internationaux.
A Kolwezi, où l’activité minière constitue le principal levier économique et où la présence des forces de sécurité est régulièrement observée sur certains sites, cette annonce a rapidement alimenté les débats dans les rues de la ville.
Pour Agnès Kabwiz, cette décision présidentielle marque une avancée importante dans la réforme de la gouvernance du secteur minier.
Toutefois, elle estime que son efficacité dépendra essentiellement de la volonté des parties concernées à la faire respecter sur le terrain.
« C’est une bonne décision. Maintenant, il faut que chacun joue son rôle pour qu’elle soit réellement appliquée », a-t-elle déclaré à notre micro.
Dans le même élan, Jean-Claude Tshiwexe, figure reconnue du secteur minier à Kolwezi, salue également cette orientation du chef de l’État. Selon lui, la présence des militaires sur les sites miniers a longtemps eu des répercussions négatives sur la crédibilité du secteur extractif congolais auprès des investisseurs et partenaires internationaux.

Il estime que cette mesure pourrait contribuer à améliorer l’image de la République démocratique du Congo et à renforcer la confiance des opérateurs économiques dans un secteur stratégique pour l’économie nationale.
Si la majorité des personnes interrogées approuvent cette décision, plusieurs appellent néanmoins les autorités à accompagner cette mesure de mécanismes rigoureux de contrôle et de sanctions afin d’éviter qu’elle ne demeure une simple déclaration d’intention.
Dans une province comme le Lualaba, où l’exploitation minière représente le socle de l’économie et où les enjeux sécuritaires sont particulièrement sensibles, la mise en œuvre de cette décision sera suivie avec une attention particulière.
Les prochains jours permettront de mesurer la capacité des autorités à traduire cette volonté politique en actions concrètes sur le terrain.
Kent Ilunga






