Le lancement de l’opération d’assainissement de Kinshasa par le Service national traduit une volonté politique forte : rendre la capitale plus propre et améliorer le cadre de vie des habitants. Cette initiative est salutaire mais incomplète, selon certains observateurs.
Quatre mille jeunes mobilisés, encadrés par le général Kasongo Kabwik, s’activent chaque jour pour débarrasser les grandes artères des immondices.
Cependant, malgré cette résolution, l’action reste palliative, partielle et informelle. Elle ne garantit pas encore une propreté durable ni une structuration solide des pratiques sanitaires dans la ville.
Les limites observées
En pratique, la couverture demeure restreinte. Les directives données par le général Kasongo Kabwik ne reposent pas sur une loi sanitaire nationale, ce qui fragilise leur légitimité.
Risques de dérapages
Les agents arrêtent des citoyens inciviques sans autorisation légale ni formation adaptée, une tâche normalement réservée à la police.
Absence de loi sanitaire
Le pays ne dispose pas d’un cadre juridique clair ni d’un plan national d’éducation sanitaire pour sensibiliser durablement la population.
Des propositions citoyennes pour renforcer l’action
Face à ces insuffisances, une institution citoyenne formule des recommandations pour rendre l’assainissement plus efficace et mieux structuré. Elles se résument en quelques points majeurs…
Adopter une loi sanitaire nationale : établir des règles claires et des sanctions pénales pour encadrer les pratiques sanitaires en ville.
Mettre en place un plan d’éducation sanitaire : intégrer des cours sur l’hygiène urbaine dans les programmes scolaires et universitaires, jusqu’à l’Examen d’État.
Institutionnaliser le Service national : reconnaître légalement cette structure comme une Police sanitaire, dotée d’un budget régulier, d’un horaire de travail continu (jour et nuit) et de bureaux dans toutes les villes du pays.
Vers une propreté durable et citoyenne
Ces propositions visent à transformer une initiative ponctuelle en une politique publique durable. En professionnalisant le Service national, en l’encadrant par la loi et en sensibilisant la population dès le plus jeune âge, le pays pourrait garantir une propreté urbaine pérenne.
Le projet, pensé et proposé par cette instance citoyenne, se veut Made in Congo : une solution endogène qui valorise la discipline, la responsabilité collective et l’efficacité institutionnelle.
Au regard de ces suggestions, le pays aura tout à gagner en adoptant cette vision structurée de l’assainissement.
B.M.






