Les mégas disparaissent, les plaintes s’accumulent et l’incompréhension gagne les abonnés. En République démocratique du Congo, de nombreux utilisateurs des réseaux sociaux dénoncent depuis quelque temps la consommation jugée trop rapide de leurs forfaits internet. Chez les jeunes et les étudiants, grands consommateurs des plateformes numériques, la question est devenue presque quotidienne : comment expliquer cette impression de voir les données mobiles fondre à vue d’œil ? Une situation qui alimente les interrogations et relance le débat sur la qualité des services de télécommunications.
Pour tenter d’apporter des éléments de réponse, André Kakubu, président du Parlement des étudiants, affirme avoir échangé avec plusieurs opérateurs, notamment Vodacom, Airtel, Africell et Orange. Selon les explications qui lui auraient été fournies, cette consommation accrue pourrait notamment être liée à l’évolution constante des smartphones et des applications. Les mises à jour, souvent effectuées automatiquement, ainsi que l’introduction de nouvelles fonctionnalités multimédias peuvent mobiliser davantage de données. L’exemple de WhatsApp, avec ses chaînes, ses contenus vocaux et d’autres fonctionnalités, est notamment évoqué comme l’un des
facteurs susceptibles d’augmenter la consommation internet des utilisateurs.

Face à cette réalité, André Kakubu appelle les abonnés à mieux surveiller leurs téléphones et leur consommation de données. Il recommande notamment de vérifier les applications installées, de contrôler les mises à jour automatiques et d’identifier celles qui utilisent internet en arrière-plan. Pour lui, les utilisateurs devraient également privilégier les applications réellement utiles et limiter celles qui consomment des données sans nécessité. Quelques réglages, estime-t-il, pourraient ainsi permettre aux abonnés de mieux maîtriser leurs forfaits et d’éviter de voir leurs mégas s’envoler sans même s’en apercevoir.
Mais le problème ne s’arrête pas à la durée des forfaits. La qualité de la connexion fait également parler d’elle. Sur ce volet, le président du Parlement des étudiants estime que la responsabilité est partagée. Il rapporte que les opérateurs justifient certaines perturbations par des coupures de fibres optiques enregistrées dans plusieurs endroits de Kinshasa, notamment à la suite des travaux routiers exécutés sous la responsabilité de l’Hôtel de Ville. Ces incidents seraient susceptibles d’affecter la stabilité et la qualité des services de télécommunications dans les zones concernées.
Forfaits qui s’épuisent rapidement, connexion qui peine à suivre : le ras-le-bol des usagers ne faiblit pas. Cette mise au point intervient dans un contexte où plusieurs Congolais réclament davantage d’explications sur la qualité et la consommation de leurs services internet. Elle ravive surtout un débat devenu incontournable dans un pays où le numérique occupe une place croissante dans les études, le travail, l’information et les échanges : quel internet pour les Congolais, à quel coût et avec quelle qualité de service ? Une équation à laquelle opérateurs, autorités et consommateurs devront, tôt ou tard, apporter des réponses claires.
Guy Yuma G-Y






