Dix ans après la disparition de Papa Wemba, figure emblématique de la rumba congolaise, sa succession continue de susciter tensions et controverses. Deux de ses enfants, Julie Kukuna, l’aînée résidant en Europe, et son jeune frère Sidney Poitier, ont décidé d’engager une action en justice contre la veuve de l’artiste, Marie-Rose Luzolo, dite « Amazone ».
Les plaignants réclament leur part d’héritage, notamment après la vente de la maison familiale de Papa Wemba, rachetée par le gouvernement congolais pour un montant avoisinant les 750 000 dollars américains pour en faire un musée. Selon eux, « Amazone » se serait accaparée l’ensemble des biens laissés par leur père, les privant ainsi de leurs droits légitimes.
Les relations entre les enfants du chanteur et sa veuve n’ont jamais été harmonieuses. Les tensions, anciennes, refont surface aujourd’hui avec une intensité particulière.
Selon les sources proches de la famille, Papa Wemba aurait eu 32 enfants dont 6 avec Amazone, les 26 autres affirment n’avoir jamais bénéficié d’un quelconque héritage. Ils dénoncent la mise à l’écart depuis le décès de leur père.
Cette démarche met en lumière les difficultés récurrentes liées aux successions des grandes figures artistiques africaines, où la multiplicité des héritiers et l’absence de gestion patrimoniale claire alimentent les conflits familiaux. Elle intervient dans un contexte où la mémoire de Papa Wemba est célébrée à travers monuments, hommages officiels et commémorations, contrastant avec les querelles qui entourent son héritage matériel.
Pour l’heure, la justice devra trancher entre les revendications des enfants et la position de la veuve, afin de déterminer la répartition des biens du « roi de la sape ». Une affaire qui risque de raviver les débats sur la protection des héritages culturels et familiaux dans le monde artistique congolais.
B.M.






