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Guillaume Ngefa au Sénat : « Le permis du culte » passe par pertes et profits

Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a annoncé devant le Sénat la suspension du « permis d’exercice du culte », dispositif instauré en juillet 2024 par son prédécesseur, Constant Mutamba. Selon lui, ce mécanisme était illégal et porteur de dérives financières. Il soupçonne même un détournement de deniers publics dans sa gestion, ce qui justifie sa suppression immédiate.

Un dispositif controversé dès son origine

Le « permis de culte » avait été introduit par Constant Mutamba dans un contexte de tensions croissantes entre l’État et certaines confessions religieuses. L’objectif affiché était de réguler l’exercice religieux en RDC, en imposant aux églises et communautés spirituelles une autorisation officielle délivrée par le ministère de la Justice.

  • Motif invoqué à l’époque : lutter contre la prolifération des églises dites « de réveil » et encadrer les pratiques jugées abusives.
  • Critiques immédiates : plusieurs voix avaient dénoncé une atteinte à la liberté de culte garantie par la Constitution, ainsi qu’un instrument de contrôle politique sur les communautés religieuses.

Les soupçons de dérives financières

Au-delà de la légalité contestée, le dispositif aurait ouvert la voie à des pratiques opaques. Les frais exigés pour l’obtention du permis auraient alimenté un circuit de gestion financière non transparent. Le ministre Guillaume Ngefa évoque désormais un possible détournement de fonds publics, ce qui fragilise encore davantage l’héritage de son prédécesseur.

Une décision aux implications multiples

  • Sur le plan institutionnel : la suppression du permis de culte réaffirme la primauté de la Constitution et des libertés fondamentales.
  • Sur le plan politique : elle marque une rupture nette avec la gestion Mutamba, déjà fragilisée par d’autres affaires judiciaires (notamment le procès FRIVAO).
  • Sur le plan social : elle redonne confiance aux communautés religieuses, qui craignaient une instrumentalisation de leur droit à exister et à pratiquer librement.

Vers une nouvelle régulation ?

La suspension du dispositif ne signifie pas l’absence de régulation. Le ministre Ngefa a laissé entendre que des mécanismes alternatifs, conformes au droit et transparents, pourraient être envisagés pour encadrer certaines pratiques religieuses, notamment celles liées à la protection des fidèles contre les abus financiers ou psychologiques.

B.M.

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