Les récentes prises de position de Maître Justin Kyela Ngoy, président du parti politique Vent Nouveau, continuent de susciter de vives réactions au sein de la classe politique du Haut-Katanga.
Lors d’un point de presse tenu à Lubumbashi, l’acteur politique s’est exprimé sur l’absence prolongée du gouverneur titulaire, Jacques Kyabula, ainsi que sur les conséquences institutionnelles de cette situation, ravivant un débat sensible sur la gouvernance provinciale.
Dans son intervention, Me Justin Kyela a rappelé que l’absence du gouverneur depuis plusieurs mois poserait, selon lui, un problème de conformité légale. Il a soutenu qu’au-delà d’un certain délai, la législation en vigueur prévoit des mécanismes institutionnels, notamment l’organisation de nouvelles élections, afin de garantir la continuité et la légitimité de l’exécutif provincial.
Abordant les rumeurs faisant état d’un éventuel remaniement ou de la formation d’un nouveau gouvernement provincial, le président de Vent Nouveau a estimé que le gouverneur intérimaire, Martin Kazembe Shula, ne disposerait pas de la compétence juridique pour procéder à de telles nominations.
De son point de vu , seules deux options demeurent conformes à la loi , c’est soit le retour du gouverneur titulaire dans la province ou l’organisation d’élections provinciales.
Dans le même registre, Me Justin Kyela a interpellé le Bureau de l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga, dénonçant ce qu’il qualifie de « silence coupable » face à une situation qu’il juge de nature à fragiliser les institutions provinciales et à entretenir un climat d’incertitude politique.
Par ailleur, ces déclarations n’ont pas manqué de provoquer des réactions dans le camp du gouverneur intérimaire.
Plusieurs proches de Martin Kazembe Shula ont publiquement critiqué les propos de Me Kyela, l’accusant de s’attaquer à la légitimité de l’intérim et de contribuer à la polarisation du débat politique provincial.
Certains de ses détracteurs invoquent également la jurisprudence administrative, rappelant qu’au Lualaba, la gouverneure Fifi Masuka Saini, alors intérimaire, avait constitué un gouvernement provincial et assuré l’intérim durant une période prolongée, sans que cette pratique ne fasse l’objet de contestations majeures à l’époque.
Pour rappel, le gouverneur Jacques Kyabula, convoqué à Kinshasa depuis le mois de juillet dernier, n’est toujours pas retourné dans sa province.
A ce jour, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités compétentes quant aux motifs exacts de cette convocation ni sur la durée de son absence, alimentant ainsi les spéculations et les divergences d’interprétation au sein de l’opinion publique.
Dans l’attente d’éclaircissements institutionnels, le débat reste ouvert et met en lumière les défis liés à la gestion des absences prolongées des autorités élues, ainsi que la nécessité d’un cadre juridique clair pour préserver la stabilité et la crédibilité des institutions provinciales.
Kent Ilunga






