La récente visite du Président Félix Tshisekedi au marché central de Kinshasa, a brutalement mis à nu le niveau de désordre qui règne au cœur de la capitale congolaise. Face à l’occupation anarchique des avenues Plateau, École, Marché, Marais et Rwakadingi par des étals pirates, le chef de l’État a ordonné leur assainissement immédiat ainsi que le démantèlement sans délai des installations illégales qui paralysent la circulation autour de Zando.
Cette intervention présidentielle, marquée par un ton ferme et des menaces de saisie des marchandises des récalcitrants, apparaît comme un sévère désaveu de la gestion urbaine menée par les autorités provinciales dirigées par Daniel Bumba. Car si le Président de la République est obligé de descendre lui-même sur le terrain pour exiger l’application de mesures élémentaires d’ordre public, c’est surtout parce que l’administration de la ville semble dépassée par la situation.
Autour du marché central, le chaos est devenu quotidien : routes envahies par des commerces informels, circulation étouffée, insalubrité persistante et occupation incontrôlée de l’espace public. Une réalité qui contraste fortement avec les ambitions affichées de modernisation de Kinshasa et qui nourrit de plus en plus les critiques contre l’exécutif provincial.
Pour de nombreux Kinois, l’état actuel du centre-ville illustre l’incapacité des autorités locales à faire respecter l’autorité de l’État dans une capitale pourtant vitrine du pays. L’ouverture imminente du nouveau marché central devait symboliser le renouveau urbain de Kinshasa. Elle risque désormais de devenir le rappel d’un échec de gouvernance incapable d’anticiper, d’organiser et de maintenir l’ordre autour d’une infrastructure aussi stratégique.
Le coup de colère du chef de l’État relance ainsi le débat sur les responsabilités politiques dans la dégradation continue de la ville. Car au-delà des rappels à l’ordre et des opérations ponctuelles d’assainissement, de nombreuses voix estiment que des sanctions devraient désormais accompagner les discours afin d’établir clairement les responsabilités dans la gestion chaotique de Kinshasa.
Dans une ville confrontée aux embouteillages monstres, aux constructions anarchiques, aux inondations récurrentes et à l’insalubrité grandissante, l’intervention de Félix Tshisekedi à Zando sonne comme un avertissement politique majeur adressé aux autorités provinciales. Reste à savoir si ce signal sera suivi d’effets concrets ou s’il ne constituera qu’un épisode de plus dans la longue crise de gouvernance que traverse la capitale congolaise.
ML






