Le samedi 23 mai 2026, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a effectué une visite inopinée au Grand Marché de Kinshasa, communément appelé « Zando ». Diffusées par la RTNC, les images montrent un chef de l’État visiblement irrité, le visage fermé et les gestes d’exaspération, face au spectacle désolant qui s’offrait à lui.
Un contraste intolérable
Le président s’est heurté à une réalité de terrain marquée par l’insalubrité chronique et l’anarchie routière. Les chaussées récemment construites pour fluidifier l’accès au marché étaient envahies par des commerces de fortune et déjà recouvertes de montagnes d’immondices laissées par les vendeurs ambulants. Pour Félix Tshisekedi, voir des routes neuves transformées en dépotoirs et en marchés pirates est une dérive inadmissible.
Un sévère recadrage des autorités
Dans son intervention, le chef de l’État a dénoncé l’irresponsabilité et la passivité des autorités provinciales de Kinshasa. Il leur reproche leur incapacité à faire respecter la loi, à évacuer les emprises publiques et à mettre en place un système de gestion des déchets digne de ce nom. La RTNC a montré un président qui tape du poing sur la table, exigeant discipline et rigueur dans la gestion urbaine.
Les défis persistants de Kinshasa
Cette colère du président de la République met en lumière le fossé entre la vision de modernisation des infrastructures et la gestion quotidienne de la capitale. Avec plus de 15 millions d’habitants, Kinshasa reste confrontée à une urbanisation rapide, une croissance démographique soutenue et des insuffisances structurelles en matière d’assainissement.
Les habitants dénoncent régulièrement l’accumulation des déchets, l’occupation anarchique des voies publiques et les difficultés de circulation.
Un avertissement clair
En affichant publiquement son mécontentement, Félix Tshisekedi adresse un avertissement sévère à l’autorité urbaine : la construction des infrastructures ne suffit pas, leur maintenance et le maintien de l’ordre public sont des impératifs non négociables. Reste à savoir si ce recadrage musclé poussera enfin l’Hôtel de ville à agir pour désengorger et assainir durablement les artères de Zando.
B.M.






