La République démocratique du Congo vient de franchir un cap majeur dans la modernisation de son administration et la gestion de son développement. Présenté ce mercredi au Sénat par le ministre d’État, ministre du Plan et de la Coordination de l’aide au développement (CAD), Guylain Nyembo, le projet de loi portant ratification de l’ordonnance-loi relative à l’organisation de l’activité statistique en RDC a été déclaré recevable à l’issue des échanges entre le membre du Gouvernement et les sénateurs. Une étape décisive qui rapproche le pays d’une réforme attendue depuis des décennies.
Plus qu’une simple avancée administrative, cette initiative revêt un caractère historique. Pour la première fois depuis son accession à l’indépendance, en 1960, la RDC s’apprête à se doter d’une loi statistique destinée à mieux encadrer la production et l’utilisation des données officielles. Une perspective porteuse d’espoir pour un pays-continent qui a besoin de chiffres fiables pour connaître ses réalités, mesurer ses défis et construire son avenir sur des bases solides. Car, au-delà des discours et des ambitions, le développement d’une nation exige une connaissance précise de sa population et de ses besoins.
Composée de 95 articles, l’ordonnance-loi pose les fondations d’un système statistique national moderne, fondé notamment sur l’indépendance professionnelle, l’impartialité, la qualité et la confidentialité des statistiques. Elle prévoit également une meilleure protection des données individuelles. Autant de garanties essentielles pour renforcer la crédibilité des chiffres officiels et permettre aux décideurs publics de s’appuyer sur des informations fiables, harmonisées et régulièrement actualisées. En clair, il s’agit de donner au pays les moyens de mieux planifier ses politiques publiques et d’évaluer leurs résultats.
Cette réforme intervient à un moment particulièrement stratégique, alors que la RDC se prépare à organiser son deuxième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-2), plus de quatre décennies après celui de 1984. Reconnu comme une opération d’intérêt national, ce recensement sera placé sous la responsabilité du Gouvernement et coordonné par le ministère du Plan. Son importance est capitale : connaître le nombre d’habitants, leur répartition sur le territoire et leurs conditions de vie constitue un levier indispensable pour mieux orienter les investissements dans les secteurs de la santé, de l’éducation, des infrastructures et de l’emploi.
Pour le ministre d’État Guylain Nyembo, cette loi doit permettre au pays de disposer d’un cadre solide pour produire les données nécessaires à une planification rigoureuse et à des décisions publiques mieux éclairées. La déclaration de recevabilité au Sénat marque ainsi une étape importante, même si le processus de ratification doit encore suivre son cours. Pour la RDC, l’enjeu dépasse donc le seul cadre juridique : il s’agit de poser les jalons d’une gouvernance davantage guidée par les faits, les chiffres et les réalités du terrain. Car un pays qui se connaît mieux se donne aussi davantage de chances de bâtir un développement durable au bénéfice de sa population.
Guy Yuma G-Y






