Coup de tonnerre dans le secteur minier congolais ! Le ministre des Mines, Louis Kabamba Watum, a décidé de suspendre de ses fonctions le directeur général du Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE), Jean-Paul Kapongo Kadiobo. La décision est contenue dans un arrêté ministériel signé le mardi 21 octobre 2026 à Kinshasa. Cette mesure intervient sur fond de reproches liés à la gestion de l’exploitation minière artisanale dans certaines zones minières du pays.
Au cœur de cette décision figurent des manquements présumés aux obligations liées aux fonctions du directeur général. Selon les motifs avancés dans l’arrêté ministériel, Jean-Paul Kapongo Kadiobo n’aurait pas pris les dispositions nécessaires pour empêcher l’exploitation artisanale illicite dans des périmètres miniers déjà concédés à des opérateurs. Les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga sont particulièrement citées dans ce dossier, deux territoires stratégiques pour l’industrie minière congolaise.
Le document ministériel évoque également l’installation irrégulière de services percepteurs du SAEMAPE au sein de ces concessions minières. Une situation qui, selon les griefs formulés, aurait porté atteinte à la pleine jouissance des droits des titulaires de ces périmètres. L’État congolais serait ainsi exposé aux conséquences des préjudices subis par des tiers. Ces accusations placent au centre du débat la question du respect des droits miniers et de l’encadrement des activités artisanales dans les espaces légalement attribués aux sociétés minières.
Invoquant l’urgence, le ministre Louis Kabamba Watum a prévu que la suspension prenne effet dès la signature de l’arrêté. Le secrétaire général aux Mines est chargé de veiller à l’exécution de cette décision. Toutefois, le document ne précise pas l’identité de la personne appelée à assurer l’intérim à la tête du SAEMAPE, laissant ainsi ouverte la question de la continuité du commandement au sein de cet établissement public chargé d’accompagner et d’encadrer les exploitants miniers artisanaux.
Cette suspension intervient dans un secteur où cohabitent des enjeux économiques majeurs, la protection des droits des concessionnaires et la nécessité d’organiser l’exploitation artisanale dans le respect de la réglementation. Reste désormais à savoir quelles suites administratives seront réservées à ce dossier et quelles mesures seront prises pour renforcer le contrôle sur le terrain, notamment dans le Lualaba et le Haut-Katanga. Au-delà du sort de son directeur général, cette affaire remet en lumière un défi central pour la gouvernance minière en RDC : concilier l’encadrement des creuseurs artisanaux, le respect des titres miniers et la préservation des intérêts de l’État.
Guy Yuma G-Y






