La polémique n’aura pas tardé. En moins de 48 heures, le Secrétariat permanent de l’Union Sacrée de la Nation (USN) est passé d’une initiative audacieuse à un exercice de justification précipité. À l’origine de cette séquence : un communiqué appelant les forces vives de la nation à soumettre des propositions de réforme de la Constitution du 18 février 2006.


Présentée comme une réponse à une supposée demande populaire émanant de Kinshasa, des provinces et de la diaspora, la démarche a immédiatement suscité des interrogations. Dans un contexte politique congolais où toute évocation de réforme constitutionnelle ravive le débat sensible sur la limitation des mandats, le signal envoyé ne pouvait qu’alimenter la suspicion.
En ouvrant officiellement la porte à des contributions sur un sujet aussi explosif, le Secrétariat permanent a semblé franchir une ligne délicate. Car en pratique, l’USN, plateforme politique, ne dispose d’aucune prérogative institutionnelle en matière de révision constitutionnelle. Pourtant, le premier communiqué évoquait non seulement une mobilisation nationale, mais aussi la mise en place d’une commission technique, donnant à l’initiative une allure quasi officielle.
Face à la montée des critiques, un second communiqué est venu tenter d’éteindre l’incendie. Le ton change, le message aussi. Il ne s’agirait plus d’une initiative engageant l’USN ou sa Haute Autorité Politique, incarnée par le président Félix Tshisekedi, mais d’une simple démarche de collecte d’opinions citoyennes. Une précision qui sonne comme un rétropédalage.
Ce recadrage tardif met en lumière une contradiction difficile à ignorer.
D’un côté, une communication initiale qui institutionnalise la démarche ; de l’autre, une tentative de désengagement qui en réduit considérablement la portée. Entre les deux, un flou qui fragilise la crédibilité du message.
Au-delà de la forme, c’est le fond qui interroge. Pourquoi initier une telle dynamique sans en définir clairement les contours juridiques et politiques ? Et surtout, pourquoi reculer aussi vite si l’intention était assumée ?
Le second communiqué, en pointant du doigt des « interprétations erronées » et des « personnes mal intentionnées », adopte une posture défensive qui peine à convaincre. Car le problème ne réside pas uniquement dans la perception, mais bien dans l’ambiguïté du message initial.
Au final, cette séquence donne le sentiment d’une initiative mal maîtrisée, lancée sans préparation suffisante, puis corrigée dans l’urgence sous la pression des réactions. Elle révèle surtout les limites d’une communication politique sur un sujet aussi sensible, où la moindre approximation peut rapidement se transformer en crise.
Dans un pays où la question constitutionnelle reste un marqueur de tensions politiques, la prudence n’est pas une option. Et dans ce dossier, la sortie d’André Mbata aura surtout eu pour effet d’embarrasser un pouvoir déjà contraint de naviguer sur des équilibres fragiles.
ML







Un commentaire
Le professeur se comporte comme une personne qui ne connait pas le droit constitutionnel plus précisément la constitution.