Une tension politique s’installe autour de la motion de défiance initiée à l’encontre du Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, alors qu’une dénonciation aurait été déposée auprès du Procureur Général près la Cour de cassation remettant en cause l’authenticité de certaines signatures.
À ce stade, aucune confirmation officielle n’a été apportée sur la procédure judiciaire évoquée. Toutefois, cette initiative suscite déjà une réaction ferme de l’initiateur de la motion, le député national Laddy Yangotikala Senga, qui y voit une tentative de détourner et d’étouffer le débat parlementaire.
L’élu national a affirmé ne pas avoir été officiellement saisi de cette dénonciation, tout en rappelant que la Constitution et le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale encadrent strictement les conditions de dépôt et de validité d’une motion de défiance.

Selon lui, la démarche engagée par les signataires est conforme aux règles parlementaires et repose sur des éléments vérifiables. Il se dit par ailleurs prêt à collaborer pleinement avec la justice si celle-ci venait à être saisie, en produisant les preuves matérielles et témoignages attestant de la régularité de l’initiative.
Mais au-delà de l’aspect juridique, Laddy Yangotikala dénonce ce qu’il considère comme une stratégie politique visant à affaiblir une action de contrôle parlementaire. Il estime que la controverse autour des signatures sert à déplacer le débat de fond vers des accusations de faux en écriture.
« Certains, paniqués par le contrôle parlementaire et la redevabilité que nous exigeons, cherchent à détourner le débat pour étouffer la motion », soutient-il, évoquant des manœuvres d’intimidation contre les élus du peuple.
L’élu de la ville de Kisangani rappelle que la motion s’inscrit dans l’exercice normal du contrôle de l’action gouvernementale, dans un contexte marqué par de fortes préoccupations sécuritaires dans plusieurs villes du pays.
Pour lui, l’urgence demeure la réponse du gouvernement face à l’insécurité persistante, plutôt que des controverses procédurales qu’il juge instrumentalisées.
« Aucune manœuvre d’intimidation ne fera reculer les élus du peuple face à l’échec de la gouvernance sécuritaire », insiste-t-il, réaffirmant la légitimité de la démarche parlementaire.
Dans l’attente d’éventuelles suites judiciaires, cette affaire illustre les tensions croissantes entre l’exécutif national et une partie du Parlement autour du contrôle de l’action gouvernementale et des enjeux sécuritaires du pays.
ML





