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RDC : le Consortium Urgence DRC et 33 ONG disent non au dialogue piloté par Tshisekedi

Le Dialogue national annoncé par le Président Félix Tshisekedi commence à faire grincer des dents. À peine l’initiative dévoilée, le Consortium Urgence DRC et 33 organisations de la société civile haussent le ton. Dans une déclaration datée du 28 août 2026, ces structures rejettent tout dialogue qu’elles considèrent comme un processus unilatéral ou directement contrôlé par le pouvoir. Pour elles, une crise aussi profonde ne peut être réglée autour d’une table dont les règles seraient fixées par une seule partie.

Au cœur de leur contestation : la question de l’impartialité. Ces organisations estiment que le Chef de l’État, étant lui-même impliqué dans la crise politique que le dialogue est censé résoudre, ne peut en être simultanément le principal pilote et l’arbitre. Elles réclament ainsi une médiation indépendante, seule capable, selon elles, de créer un climat de confiance et de donner au processus une véritable crédibilité.

Le Consortium Urgence DRC propose notamment de placer le dialogue sous la médiation de la communauté internationale, avec un rôle important pour les Nations unies. Les responsables religieux de la CENCO et de l’ECC sont également appelés à jouer leur partition. L’objectif affiché est de bâtir un cadre où les protagonistes pourraient se retrouver sans suspicion, avec l’assurance que chaque voix sera entendue et que personne ne viendra à la table avec le sifflet de l’arbitre à la bouche.

Ces organisations disent également tirer les leçons des précédentes expériences politiques. À leurs yeux, les différents accords conclus au fil des crises n’ont pas réussi à s’attaquer aux racines du mal congolais. Elles veulent donc, cette fois, un dialogue qui dépasse les simples arrangements entre acteurs politiques et qui permette d’aborder les véritables causes de la crise. Une table ouverte, selon elles, où la parole circulerait librement et où l’intérêt national primerait sur les calculs individuels.

Le message est finalement sans ambiguïté : pas question, pour ces organisations, de cautionner un « simulacre de dialogue ». Elles appellent les Congolais à placer l’intérêt de la nation au-dessus des ambitions personnelles. Le dialogue voulu par Tshisekedi se retrouve ainsi devant une première épreuve de taille : avant même que les participants ne prennent place, la bataille fait déjà rage autour de la table, de son arbitre et des règles du jeu. La quête du consensus commence donc, paradoxalement, par une profonde divergence.

Guy Yuma G-Y

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