Septembre 1997. Septembre 2026. Vingt-neuf années se sont écoulées depuis que s’est éteint, loin de son pays, l’un des hommes les plus controversés de l’histoire politique congolaise. Le 7 septembre 1997, à Rabat, au Maroc, Joseph-Désiré Mobutu Sese Seko rendait son dernier souffle à l’âge de 66 ans, emporté par un cancer de la prostate. Quelques mois plus tôt, son règne de plus de trois décennies s’était effondré sous les coups de l’AFDL.
Mais 29 ans après sa disparition, Mobutu n’est toujours pas tout à fait mort dans la mémoire collective congolaise. Son nom traverse les générations, entre nostalgie, condamnation et débats passionnés. Pour les uns, il demeure le « Père de la nation », symbole d’une époque où le Zaïre affichait une identité singulière et une certaine stabilité. Pour les autres, il incarne l’autoritarisme, le parti unique, la corruption et les dérives d’un pouvoir personnel qui aura profondément marqué le pays.
Trente-deux ans de pouvoir
Arrivé au pouvoir en novembre 1965, Mobutu va diriger le Congo pendant plus de trente ans. En 1971, il rebaptise le pays Zaïre et lance la politique dite du « retour à l’authenticité », destinée à réhabiliter les références culturelles africaines et à rompre avec certaines pratiques et appellations héritées de la colonisation.
La période mobutiste sera également marquée par une centralisation extrême du pouvoir, l’instauration du parti unique et un culte de la personnalité omniprésent. Le visage du maréchal Mobutu s’affiche partout, tandis que le MPR devient l’instrument politique central du régime.
Au fil des années, cependant, les difficultés économiques s’accentuent et le système politique s’essouffle. Le vent de la démocratisation qui souffle sur l’Afrique au début des années 1990 fragilise davantage le régime.
La chute brutale du « Léopard »
En mai 1997, après plusieurs mois d’offensive, les forces de l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL), conduites par Laurent-Désiré Kabila, entrent victorieusement à Kinshasa.
Le règne de Mobutu s’effondre.
Le « Léopard » quitte alors le Zaïre pour l’exil et trouve refuge au Maroc. Il y vivra ses derniers mois, loin du pays qu’il avait dirigé d’une main de fer pendant plus de trois décennies.
Quelques mois seulement après sa chute, le 7 septembre 1997, Mobutu Sese Seko disparaît à Rabat.
Une mémoire qui refuse de s’éteindre
Vingt-neuf ans plus tard, son héritage reste profondément partagé.
Dans une partie de l’opinion, les années Mobutu sont associées à une époque de stabilité, à l’affirmation de l’identité zaïroise et à une certaine grandeur diplomatique du pays sur la scène internationale. Dans une autre, elles renvoient à la répression politique, au manque de libertés, à la corruption et au déclin progressif de l’économie nationale.
Entre nostalgie et rejet, admiration et condamnation, Mobutu demeure ainsi une figure impossible à enfermer dans une seule lecture.
En ce 7 septembre 2026, alors que la République démocratique du Congo commémore les 29 ans de sa disparition, une évidence demeure : le temps n’a pas effacé Mobutu de la mémoire congolaise.
Il a simplement déplacé le débat.
Car près de trois décennies après sa mort, le nom du « Maréchal » continue de diviser, de questionner et de raviver les souvenirs d’une époque révolue. Et dans les méandres de l’histoire congolaise, son ombre, elle, semble toujours marcher.
Guy Yuma G-Y






