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Dérives numériques : quand l’insulte prend le pas sur le débat

À l’ère des réseaux sociaux, la liberté d’expression demeure une conquête précieuse. Mais elle s’accompagne d’une responsabilité que trop d’internautes semblent oublier.

Ces dernières semaines, une polémique a éclaté après qu’une internaute, prénommée Jaël, a copieusement insulté la Première dame de la République démocratique du Congo, Denise Nyakeru Tshisekedi, lors d’une apparition en ligne la couvrant d’une bordée d’injures quelque peu osées.

Cette série d’invectives lancées sans retenue a suscité un tollé dans la communauté.

En somme une tirade violente qui a choqué par la violence des propos tenus et par le mépris affiché envers une figure institutionnelle.

Par ricochet, il s’en est suivi une avalanche de commentaires qui défraient encore la chronique alimentant les conversations. Ses plates excuses n’ont pas pu l’absoudre aux yeux de l’opinion qui l’a complètement désavouée.

La critique, rappelons-le, est légitime. Elle est même essentielle dans une société démocratique.

Mais elle gagne en force lorsqu’elle est argumentée, respectueuse et constructive. L’insulte, le dénigrement et l’attaque personnelle ne nourrissent pas le débat. Au contraire, ils l’appauvrissent.

Au-delà des individus visés, c’est la qualité de notre débat public et l’image que nous renvoyons collectivement qui sont en jeu.

Au sein de la société, nous avons une opportunité : celle d’élever nos échanges, d’inspirer les plus jeunes et de promouvoir une culture du respect, même dans le désaccord.

Le véritable leadership d’opinion ne se mesure pas au volume des attaques, mais à la qualité des idées.

À l’heure où les réseaux sociaux amplifient chaque parole, faisons le choix d’un discours qui construit, qui éclaire et qui rassemble.

En République démocratique du Congo, les propos injurieux et diffamatoires sont encadrés par le Code pénal et la Constitution de 2006.

La liberté d’expression est garantie, mais elle connaît des limites dès lors qu’elle porte atteinte à l’honneur, à la dignité ou à l’ordre public.

Les auteurs d’insultes publiques peuvent être poursuivis pour injure ou diffamation, avec des peines allant de l’amende à l’emprisonnement.

B.M.

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