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Cartes BCC : Jean-Claude Masangu révèle pourquoi elles ont été créées et comment elles fonctionnaient

Les cartes bancaires émises au nom de la Banque centrale du Congo (BCC) pour certains hauts responsables de l’État ne datent pas d’hier. L’ancien gouverneur de la BCC, Jean-Claude Masangu Mulongo, affirme être à l’origine de leur mise en place, au début des années 2000. Selon lui, le dispositif est né d’un constat simple : plusieurs responsables appelés à effectuer des missions officielles partaient sans disposer de frais de mission suffisants.

Pour répondre à cette situation, la BCC avait décidé d’émettre ces cartes en son propre nom plutôt qu’au nom du Gouvernement. Un choix que Jean-Claude Masangu explique notamment par la crédibilité financière dont jouissait l’institution. Mais loin d’être un moyen de paiement sans limites, ces cartes étaient soumises à des règles précises. Elles servaient uniquement à couvrir certaines dépenses liées aux missions, notamment le transport, l’hébergement et la restauration.

Pas question, donc, d’en faire une carte pour les dépenses personnelles. L’ancien gouverneur assure que toute utilisation abusive exposait son auteur au retrait immédiat de la carte. Chaque bénéficiaire disposait également d’un plafond mensuel, déterminé en fonction de ses responsabilités et de la fréquence de ses déplacements. Jean-Claude Masangu évoque notamment un plafond de 15 000, au-delà duquel les dépenses supplémentaires devaient être supportées par le titulaire.

En 2003, dans le contexte institutionnel de la formule « 1+4 », le dispositif concernait notamment le chef de l’État, les quatre vice-présidents, certains de leurs collaborateurs ainsi que le ministre des Finances. Selon les explications de Masangu, seuls les responsables effectuant régulièrement des déplacements étaient concernés. Les dépenses étaient débitées du compte du Trésor après autorisation, tandis que la carte devait être bloquée et récupérée dès la fin des fonctions de son détenteur.

Jean-Claude Masangu affirme, pour sa part, avoir restitué sa propre carte lorsqu’il a quitté la tête de la BCC en 2013. Sur le nombre exact de cartes encore en circulation à la fin de son mandat, l’ancien gouverneur reste prudent : il dit ne pas disposer du chiffre et ne souhaite pas se prononcer sur la période postérieure à son départ. Des précisions qui replacent ainsi le débat sur ces cartes dans leur contexte d’origine, entre dépenses de mission, règles d’utilisation et contrôle des fonds publics.

Guy Yuma G-Y

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