La République démocratique du Congo veut donner un nouvel élan à sa politique de Couverture santé universelle. À Kinshasa, les travaux de consultation et de sensibilisation sur la mise en œuvre de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) ont été lancés mardi 6 octobre, au cours d’une cérémonie réunissant institutions publiques, travailleurs, partenaires sociaux et forces vives de la Nation. La cérémonie a été présidée par le vice-Premier ministre, ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, représentant la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.

Mais au-delà des discours officiels, c’est une réalité quotidienne qui se trouve au cœur de cette réforme : le poids des dépenses médicales sur les familles. Prenant la parole, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Samuel Roger Kamba, a réaffirmé la volonté du Gouvernement de garantir à chaque Congolais l’accès à des soins de qualité, sans distinction sociale. Pour lui, la solidarité et l’équité doivent être les piliers d’un système où la maladie ne condamne plus une famille à choisir entre se soigner et préserver ses maigres ressources.

Le ministre a surtout appelé à élargir progressivement l’assiette de cotisation. L’objectif est de réunir davantage de contributeurs autour d’un même mécanisme afin de mieux partager les risques et de renforcer le financement des soins. Une orientation qui répond à une situation préoccupante : en RDC, les paiements directs continuent de peser lourdement sur les ménages. Derrière une facture médicale se cachent parfois des économies réduites à néant, des dettes qui s’accumulent et des familles qui basculent dans la précarité.
Pour rendre cette ambition possible, Kinshasa poursuit la refondation de son système de santé. Plusieurs structures doivent jouer un rôle dans cette transformation, notamment le Fonds de promotion de la santé, le Fonds de solidarité de santé, l’Agence nationale du médicament ainsi que l’Agence nationale d’ingénierie clinique et du numérique de la santé. Le Gouvernement entend également accélérer l’extension de la Couverture santé universelle aux fonctionnaires et agents de l’État, mais aussi aux travailleurs de l’économie informelle, encore largement exposés aux risques financiers liés à la maladie.

Reste désormais le défi de l’adhésion. Conscient qu’une réforme aussi profonde peut rencontrer des résistances, Dr Samuel Roger Kamba appelle toutes les forces vives du pays à accompagner le processus. Institutions, travailleurs, secteur privé, partenaires sociaux et société civile sont invités à s’en approprier les enjeux. Car derrière l’AMO et ses mécanismes se dessine une promesse qui touche à l’essentiel : faire de la santé un droit réellement accessible et éviter qu’un simple épisode de maladie ne transforme le destin économique de toute une famille.
Guy Yuma G-Y






