La scène politique congolaise s’anime une nouvelle fois autour d’une question cruciale : la paix peut-elle se réclamer dans les discours et se contredire dans les actes ? Vital Kamerhe, ancien président de l’Assemblée nationale, sort de son silence et interpelle Joseph Kabila après l’annonce de la création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), une plateforme politico-militaire annoncée à Goma.
Dans une déclaration rendue publique ce mercredi, Vital Kamerhe pointe du doigt ce qu’il considère comme une contradiction entre les appels à la paix lancés par l’ancien président de la République le 9 octobre et l’annonce, trois jours plus tard, de la mise en place du FRN. Pour lui, ce contraste soulève de sérieuses interrogations sur la cohérence entre les paroles prononcées et les actes posés sur le terrain politique.
Le ton est ferme, le message sans détour. « Vous appelez à la paix dans vos discours, vous appelez à la rébellion dans vos actes. Le peuple vous jugera sur vos actes », lance Vital Kamerhe à l’endroit de Joseph Kabila. Une déclaration qui sonne comme un avertissement dans un pays où chaque initiative politique à caractère militaire ravive les inquiétudes d’une population éprouvée par des années de violences et d’instabilité.
Pour l’ancien directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, la rébellion ne saurait constituer une voie légitime pour conquérir le pouvoir. Les conflits armés qui ont marqué l’histoire récente de la République démocratique du Congo n’ont, selon lui, apporté ni sécurité durable, ni justice véritable, encore moins la prospérité tant attendue par les Congolais. À ses yeux, le pays ne peut continuer à tourner en rond, passant des armes aux négociations politiques sans parvenir à construire une paix solide.
À travers cette sortie médiatique, Vital Kamerhe remet ainsi au cœur du débat national la responsabilité des acteurs politiques face au destin collectif. Alors que l’Est du pays reste confronté à une grave crise sécuritaire, son message se veut un appel à rompre avec le cycle des rébellions et des arrangements politiques qui suivent les conflits. Reste désormais à savoir quelle sera la réponse de Joseph Kabila à ces accusations, dans un climat où les Congolais attendent moins de promesses et davantage d’actes concrets pour retrouver la paix.
Guy Yuma G-Y






