Alors que la RDC est confrontée à d’importants défis sécuritaires et que le gouvernement appelle à la réduction du train de vie des institutions, les rémunérations du président Félix Tshisekedi suscitent de nouvelles interrogations. Selon des documents comptables de la Banque centrale du Congo (BCC), consultés par Africa Intelligence, vingt virements effectués en 2025 au profit du chef de l’État représenteraient près de 2,58 milliards de francs congolais, soit environ 1,1 million de dollars. Un montant qui relance le débat sur la transparence des dépenses publiques au sommet de l’État.
Dans ces opérations financières, au moins 971 millions de francs congolais, équivalant à environ 420 000 dollars, sont présentés comme des compléments de salaire. À titre de comparaison, le traitement de base annuel du président, selon les chiffres rapportés, est fixé à 324 millions de francs congolais, soit près de 140 000 dollars. Mais derrière cette différence se cache une interrogation majeure : les compléments constituent-ils des sommes supplémentaires au salaire de base ou intègrent-ils déjà une partie de la rémunération présidentielle ? Les documents cités ne permettent pas, à eux seuls, d’apporter une réponse définitive.
Les quelque 1,1 million de dollars évoqués ne correspondent pas uniquement à des compléments de salaire. Le total comprendrait également des régularisations de rémunérations pour les années 2023 et 2024, ainsi que des indemnités liées à la fin du premier mandat présidentiel. La nature de chaque versement et sa répartition exacte deviennent donc essentielles pour apprécier correctement ces chiffres, sans confondre rémunération ordinaire, rappels de paiement et indemnités exceptionnelles.
Cette affaire intervient alors que les autorités mettent en avant les efforts de réduction des dépenses institutionnelles, notamment pour soutenir les besoins liés à la guerre dans l’est du pays. Interrogée par Africa Intelligence, la présidence affirme que Félix Tshisekedi a pris des mesures pour réduire certaines dépenses publiques et qu’il consent lui-même à des « sacrifices financiers considérables ». Cette position constitue la réponse officielle rapportée face aux interrogations suscitées par les versements.
Au fond, le débat ne se limite pas au montant annoncé. Il porte aussi sur la clarté des rémunérations au sommet de l’État, leur conformité aux prévisions budgétaires et la possibilité, pour les citoyens, de comprendre comment sont structurées ces dépenses. Tant que la nature exacte de chaque paiement ne sera pas explicitée, les interrogations resteront ouvertes. Dans un pays soumis à de fortes pressions économiques et sécuritaires, la transparence des finances publiques demeure un enjeu majeur de confiance entre les institutions et la population.
Guy Yuma G-Y






