La Régie des Fourrières et de Contrôle Technique de Kinshasa (RFCK) monte au créneau. Face aux informations faisant état de prétendues recettes de 80 millions de dollars américains détournées chaque mois dans le secteur du contrôle technique, l’établissement public a décidé de briser le silence. Dans un communiqué publié mercredi, la Régie rejette catégoriquement ces accusations, les qualifiant de « fantaisistes et infondées ».
Pour défendre sa position, la RFCK sort les chiffres et les oppose aux rumeurs. Sur un parc automobile estimé entre 800.000 et 1 million de véhicules à Kinshasa, seulement 55.000 véhicules ont été contrôlés entre septembre 2025 et mars 2026. Avec une rétrocession moyenne de 5,18 dollars par véhicule, le montant généré sur cette période s’élève à environ 284.900 dollars, selon les données communiquées par la Régie.
La deuxième échéance, actuellement en cours, affiche pour sa part 13.000 contrôles déjà effectués, correspondant à près de 67.340 dollars de rétrocession. Des chiffres qui, à en croire la RFCK, sont loin de l’image d’une gigantesque manne financière circulant chaque mois dans les caisses du contrôle technique. La Régie entend ainsi replacer le débat sur le terrain des faits, loin des chiffres qui donnent le vertige.
Autre précision apportée par l’établissement : la Ville de Kinshasa ne perçoit pas directement l’intégralité des sommes payées par les automobilistes. Depuis février 2026, sa quote-part est fixée à 20 %. Pour atteindre les fameux 80 millions de dollars mensuels évoqués dans les rumeurs, il faudrait, selon le calcul de la RFCK, contrôler plus de 15 millions de véhicules chaque mois, soit un volume largement supérieur à l’ensemble du parc automobile de la capitale.
Alors que la polémique enfle, la RFCK assure vouloir jouer cartes sur table. La Régie précise d’ailleurs que sa gestion fait actuellement l’objet d’un contrôle mené par la commission ECOFIN de l’Assemblée provinciale de Kinshasa. Entre accusations, démentis et chiffres officiels, le dossier reste donc sous les projecteurs, avec une question désormais au centre des regards : que révèlera réellement le contrôle en cours sur la gestion des recettes du contrôle technique à Kinshasa ?
Guy Yuma G-Y






