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Musique et foi : Charles Lassa Ndombasi Carlyto s’est éteint le 31 août 2026 à Cincinnati (États-Unis), après deux jours de prédication

La rumba congolaise perd une voix emblématique, tandis que le gospel garde un témoin. Charles Lassa Ndombasi, dit Carlyto, est décédé à l’âge de 65 ans, loin de sa terre qui l’avait vu naître, au terme d’une campagne d’évangélisation aux États-Unis. Comme un artisan qui range ses outils une fois l’ouvrage accompli, il a quitté ce monde discrètement, laissant derrière lui une œuvre musicale et spirituelle.

De Matadi à la scène internationale

Avant d’être sous les feux de la rampe, Carlyto a exercé comme tailleur à Matadi. Déjà, ses gestes portaient la précision et la délicatesse qui allaient marquer son art.

Dans les années 1980, il s’impose comme l’un des piliers vocaux de la rumba. Le charme de sa voix éclate en 1984 dans des classiques tels que « Maya », « Affaire Kitikwala » du poète Lutumba Simaro Masiya, ou encore « Bon Samaritain » de Nedule Papa Noël.

Son parcours le conduit ensuite au sein du groupe Choc Stars de Ben Nyamabo, où il forme un trio mémorable avec Debaba et Defao.

Interprète d’exception, il se distingue dans des titres devenus anthologiques : « Riana » (Ben Nyamabo), « Jardin de mon cœur » (Roxy Tshimpaka), « Zikondo » (Debaba), et signe « Mauvais Souvenir ».

De la rumba au gospel

Au début des années 2000, Carlyto annonce sa conversion au christianisme. Progressivement, il abandonne la rumba pour se consacrer au gospel et à l’évangélisation. Sa voix, désormais instrument de foi, accompagne des chants marquants bien connus du grand public.

Devenu pasteur évangélique, il prêche entre l’Afrique et les États-Unis, portant son témoignage au-delà des frontières. Tout récemment, il avait été reçu sur le plateau de Bosolo Télévision, où il s’était entretenu avec Israël Mutombo. Il y revenait sur sa reconversion en Jésus-Christ et sur ses années passées dans la musique dite profane.

Carlyto laisse derrière lui une leçon : la beauté n’est pas faite pour être possédée, mais pour être offerte. Son timbre limpide et éternel continue de flotter, entre les souvenirs des mélomanes et les prières des fidèles.

Il y a des voix qui ne s’éteignent jamais : celle de Carlyto Lassa résonne encore comme une clarté suspendue entre terre et ciel.

B.M.

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