La Cour constitutionnelle a tranché : la loi organique sur le référendum est jugée conforme, malgré des réserves. Désormais, le président Félix-Antoine Tshisekedi est placé devant l’épreuve du temps. Quinze jours. Pas un de plus. Le temps pour lui de promulguer un texte qui ouvre la voie à une consultation directe du peuple, et qui pourrait redessiner les contours du pouvoir en RDC.
Le poids des délais
La Constitution est claire : si le chef de l’Exécutif ne signe pas dans le délai imparti, le speaker de la chambre basse du Parlement prendra le relais et ordonnera la publication. Autrement dit, la loi vivra, avec ou sans la main présidentielle. Mais dans un pays où chaque geste institutionnel est scruté, la rapidité de la promulgation sera interprétée comme un signal politique avec des répercussions.
Promulguer rapidement, c’est afficher la volonté d’aller de l’avant, de donner au peuple la parole. Attendre, c’est nourrir les soupçons, laisser planer l’idée d’une manœuvre calculée.
Dans les deux cas, comme l’affirment un bon nombre d’observateurs, Félix Tshisekedi se trouve sur une corde raide : l’équilibre entre légitimité démocratique et soupçon d’instrumentalisation.
La RDC doit convaincre que ce référendum n’est pas une porte dérobée vers la révision des verrous de l’article 220. Il est clair que dans un climat de méfiance, chaque étape sera jugée à l’aune de la transparence.
A l’évidence, les partenaires étrangers, de leur côté, scruteront la démarche, prompts à dénoncer toute dérive autoritaire.
Tout compte fait, la promulgation de cette loi n’est pas un simple acte administratif. C’est une déclaration politique, un choix de trajectoire. Elle propulse la RDC dans la phase opérationnelle du référendum, avec son cortège de défis logistiques, sécuritaires et symboliques.
B.M.






