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RDC/ Épidémie d’Ebola : le Dr Jean-Jacques Mbungani alerte sur un risque élevé de propagation

Le député national et médecin Jean-Jacques Mbungani tire la sonnette d’alarme face à la recrudescence de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. Avec 1 759 cas confirmés, 600 décès et un taux de létalité de 34 %, il estime que le pays fait face à une épidémie majeure dont les risques de propagation restent élevés.

Selon lui, la mobilité des populations constitue le principal facteur de diffusion du virus. Les déplacements liés aux activités minières en Ituri, les mouvements de populations provoqués par les conflits armés ainsi que les principaux axes commerciaux reliant Bunia à Kisangani, Kinshasa et Goma favorisent la circulation de personnes potentiellement infectées durant la période d’incubation, qui peut atteindre 21 jours.

Le Dr Mbungani souligne également la fragilité du système de santé. La saturation des structures médicales de Bunia pousse certains malades à se faire soigner dans d’autres provinces, augmentant le risque de transmission, notamment en cas de manque d’équipements de protection individuelle pour le personnel soignant. Il rappelle que ce scénario avait déjà contribué à la propagation du virus vers Goma et Butembo lors d’épidémies précédentes.

Autre facteur préoccupant : les enterrements traditionnels. En l’absence de protocoles sécurisés, un seul corps infecté peut contaminer plusieurs personnes, favorisant la transmission du virus au sein des familles et dans d’autres provinces.
Le parlementaire identifie le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et Kinshasa comme les provinces les plus exposées en raison de leur rôle de carrefours de transport.

Au-delà des frontières, il met également en garde contre un risque de propagation vers les pays voisins, notamment l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie, le Soudan du Sud, la République centrafricaine et le Congo-Brazzaville, en particulier à travers les postes frontaliers informels. Il rappelle que des cas importés ont déjà été signalés dans certains pays et que des voyageurs infectés ont également été pris en charge en Europe.
Tout en précisant qu’Ebola ne se transmet pas par voie aérienne mais par contact direct avec une personne infectée, un animal ou leurs fluides biologiques, le Dr Mbungani insiste sur la nécessité de renforcer le traçage des contacts, la sensibilisation communautaire ainsi que les contrôles sanitaires aux points d’entrée et de sortie du territoire.

Pour lui, la priorité reste de briser la chaîne de transmission en Ituri afin d’empêcher le virus de suivre les mouvements des populations vers les autres provinces et les pays voisins.

ML

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