La République démocratique du Congo veut donner un nouveau souffle à sa riposte contre la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola. Ce jeudi 4 septembre, au siège de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Kinshasa, le ministère de la Santé publique, l’OMS, Africa CDC et l’Institut national de santé publique (INSP) se sont retrouvés autour d’une même table pour présenter le nouveau plan de préparation et de réponse à cette épidémie. Une réunion placée sous le signe de l’urgence, alors que le virus continue de semer l’inquiétude dans les provinces touchées.
Prenant la parole, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévention, Samuel Roger Kamba, a tenu à faire une mise au point. Pour lui, cette 17ᵉ épidémie ne saurait être mise dans le même panier que celle de 2018, provoquée par le virus Ebola Zaïre. « Cette épidémie n’est pas comparable à celle de 2018 », a-t-il martelé, tout en alertant sur la dangerosité du virus et le comportement des communautés. « Le virus est très dangereux, malheureusement les populations des provinces touchées ne le craignent pas », a-t-il déploré. Une situation qui, selon lui, facilite la circulation silencieuse du virus et complique le travail des équipes de riposte.
Les chiffres évoqués lors de cette rencontre donnent la mesure de l’urgence. En trois mois et demi, près de 6 000 cas et 3 000 décès auraient déjà été enregistrés. Derrière ces nombres se cachent des vies brisées, des familles endeuillées et une autre réalité, plus silencieuse encore : des personnes contaminées qui ignorent leur statut et ne fréquentent pas les structures de prise en charge. « Il y a des personnes qui sont contaminées sans le savoir et qui ne se rendent pas dans les camps de riposte », a souligné le ministre. Une brèche dans laquelle le virus s’engouffre pour continuer sa course.
Pour stopper cette progression, Kinshasa entend changer de terrain et de méthode. Le nouveau plan, prévu pour six mois, mise sur une riposte davantage ancrée dans les communautés, avec l’installation de structures de riposte dans les localités et villages touchés. La sensibilisation devra également monter en puissance pour convaincre les populations que la vigilance n’est pas une option. L’ambition est de rapprocher les équipes des citoyens, plutôt que d’attendre que les malades franchissent les portes des centres de prise en charge. En d’autres termes, il faut désormais aller chercher le virus là où il tente de se cacher.
À l’issue de la réunion, Samuel Roger Kamba a salué l’engagement du président de la République, du gouvernement congolais et de l’ensemble des partenaires mobilisés dans cette bataille sanitaire. Mais il a aussi lancé un appel à la transparence dans la gestion et la communication des données sur l’épidémie. Car dans cette course contre la montre, la vérité des chiffres vaut autant que la rapidité de la riposte. Face à Ebola, chaque silence peut coûter une vie, chaque alerte peut en sauver une, et chaque communauté informée devient une ligne de défense contre le virus.
Guy Yuma G-Y






