À Misisi, dans le territoire de Fizi au Sud-Kivu, le ras-le-bol de la population a éclaté au grand jour ce mardi 10 juin. Sous l’impulsion de la société civile locale, les activités ont été paralysées dans cette cité minière où habitants, jeunes et leaders communautaires ont répondu à l’appel d’une journée ville morte assortie d’une marche de colère. Un cri collectif lancé pour dénoncer une insécurité devenue, selon eux, insoutenable.
Dans les rues de cette localité nichée au cœur des montagnes du Sud-Kivu, la colère s’est mêlée à l’espoir d’un changement. Les organisateurs dénoncent une situation qu’ils qualifient d’alarmante : malgré sa modeste superficie, Misisi compterait plus de 34 cachots et au moins 22 groupes armés Wazalendo placés sous différents commandements. Une réalité qui, selon la société civile, ouvre la voie à des arrestations arbitraires et à des détentions en dehors de tout cadre légal.
Pour de nombreux habitants, la peur est devenue une compagne quotidienne. Les témoignages recueillis sur place font état d’abus répétés et d’une population qui se sent abandonnée face à la multiplication des acteurs armés. Dans ce contexte, la confiance envers les mécanismes de protection s’effrite peu à peu, laissant place à un sentiment grandissant d’inquiétude et d’impuissance.
Plus dramatique encore, les cas de morts par balle se seraient dangereusement banalisés. Des sources locales évoquent un à deux décès enregistrés presque chaque jour, un lourd tribut qui plonge régulièrement des familles dans le deuil. Derrière chaque victime, c’est toute une communauté qui vacille et qui voit s’éloigner davantage le rêve d’une vie paisible.
À travers cette mobilisation populaire, la société civile de Misisi entend interpeller les autorités provinciales et nationales afin que des mesures urgentes soient prises pour restaurer la sécurité et l’autorité de l’État. Dans cette partie de Fizi où résonnent aujourd’hui les voix de la détresse, la population espère que cette marche ne sera pas un simple écho dans le vent, mais le point de départ d’un véritable sursaut en faveur de la paix.
Guy Yuma G-Y





