Comme pour conjurer le sort, vingt-quatre ans après son premier passage, vendredi 24 avril 2026, le groupe mythique Zaïko Langa Langa Nkolo Mboka a retrouvé le podium du Zénith La Villette à Paris. Son dernier concert dans la capitale française remontait au 7 septembre 2002. Cette fois encore, la salle remplie à ras bord a vibré frénétiquement.

Lorsque Jossart Nyoka Longo a reçu la confirmation du sold out, le doute n’était plus permis : pari gagné. Le son et la lumière ont sublimé chaque note, chaque pas de danse, offrant un spectacle total.
Devant un public en délire, Zaïko a revisité son parcours, de la création à nos jours. Sans dérouler tout son répertoire de plus de cinq décennies d’existence, l’orchestre a rappelé pourquoi il demeure une véritable école : guitares ciselées, cris d’animation, ambiance enfiévrée de Kinshasa recréée à Paris. La communion avec le public, chantant en face de Nyoka Longo, rappelait l’effervescence des années soixante-dix. Tout feu, tout flamme.
Performance scénique qui ne surprend nullement quand on sait que Jossart avait misé sur cette réussite à laquelle tout le groupe s’était préparé sous sa houlette. Belle leçon de professionnalisme infligée à la jeune génération.
Le temps fort de la soirée fut l’hommage aux disparus du clan. L’ombre de Papa Wemba dont on célébrait le dix ans de sa mort a plané sur le Zénith. Ainsi sa voix a résonné à travers la reprise de « Phrase », titre culte de Bokul avec Viva La Musica, suivie de « M.T. la Vérité » des débuts de Zaïko, a émoustillé le public. En chœur, les spectateurs, en toute frénésie, ont accompagné les chansons dans une atmosphère jubilatoire qu’on aurait souhaité prolonger.
Un invité et non des moindres : l’inénarrable et fougueux
Lita Bembo est monté sur le podium pour replonger l’assistance dans son passé glorieux où il trônait avec la danse Ekonda Saccadé avec le titre « Zonga Gida ». Et un public emporté à telle enseigne que rester de marbre relevait de l’exploit.
Disons-le tout net, si Zaïko existe encore aujourd’hui, c’est grâce à la témérité de Jossart Nyoka Longo. Le pari de durer. Car la barque Zaïko a souvent tangué, mais son capitaine a su la maintenir à flot. Sa persévérance a payé : Zaïko est toujours là, indomptable, éternel.
Bona M.






