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Sous-traitance minière : près de 20 milliards USD échapperaient chaque année à la RDC, alerte l’ARSP

Près de 20 milliards de dollars américains échapperaient chaque année à l’État congolais dans le secteur de la sous-traitance minière. C’est la révélation faite par le directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Juan-Ted Beleshayi. Une estimation qui jette une lumière crue sur les importantes sommes qui circuleraient dans un secteur au cœur de l’économie congolaise.

Selon le patron de l’ARSP, cette situation serait notamment alimentée par le phénomène des « prête-noms ». Cette pratique consiste à utiliser des entreprises congolaises de façade pour accéder à des marchés de sous-traitance, alors que les véritables bénéficiaires seraient dissimulés derrière ces structures. Un mécanisme qui, selon lui, permettrait de contourner les exigences prévues par la législation congolaise.

Derrière ces sociétés de façade se joue donc une bataille économique de taille. L’objectif des règles sur la sous-traitance est notamment de permettre aux entreprises congolaises de prendre une part réelle aux activités générées par les grands investissements, particulièrement dans le secteur minier. Mais le recours aux « prête-noms » viendrait, selon l’ARSP, compromettre cette ambition et limiter les retombées attendues pour l’économie nationale.

Pour l’État congolais, l’enjeu dépasse ainsi la simple question du respect des textes. Il touche directement à la création de richesses, au développement des entreprises locales et à la capacité du pays à tirer pleinement profit de ses ressources minières. Chaque marché qui échappe aux entreprises réellement éligibles représente, selon cette lecture, une occasion manquée de faire circuler davantage de revenus dans l’économie nationale.

Cette alerte de l’ARSP relance donc le débat sur la transparence et le contrôle de la sous-traitance dans le secteur minier. Face au phénomène dénoncé des « prête-noms », le défi consiste désormais à renforcer les mécanismes de contrôle afin que les entreprises congolaises ne soient pas de simples vitrines, mais de véritables actrices de la chaîne économique. Car derrière les milliards annoncés se trouve une question essentielle : qui profite réellement de la richesse produite par les mines congolaises ?

Guy Yuma G-Y

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