À Shabara, dans le village de Kawama, à une cinquantaine de kilomètres de Kolwezi, la terre semble avoir retrouvé sa voix. Cinq ans après une alerte retentissante, le site minier renaît dans une effervescence saisissante, presque fiévreuse, où chaque pelletée de terre raconte une revanche longtemps attendue.

Dès l’aube du 20 avril, le spectacle est frappant : une marée humaine de creuseurs s’active, dans un ballet incessant de gestes précis et de regards tendus vers l’espoir. Là où régnaient jadis tensions et intimidations, notamment sous l’influence de MUMI, souffle aujourd’hui un vent de transformation. L’exploitation artisanale s’est intensifiée, structurée, et malgré la rudesse du travail, une lueur nouvelle éclaire les visages burinés.
Plus de 15 000 exploitants artisanaux fouillent désormais les entrailles de cette terre généreuse, à la quête du cuivre, du cobalt et du fer minerais stratégiques qui alimentent un commerce florissant, largement dominé par des partenaires étrangers, principalement chinois. Une prospérité en surface, mais dont les racines restent inégalement partagées.



Car derrière cette vitalité retrouvée, le malaise persiste. Les creuseurs dénoncent avec vigueur des pratiques commerciales qu’ils jugent profondément inéquitables : opacité dans l’évaluation des minerais, prix imposés sans dialogue, absence de régulation. Un sentiment d’injustice exacerbé par l’inertie autour du centre de négoce de Musompo, toujours non opérationnel, laissant les exploitants livrés aux règles d’un marché déséquilibré.
Dans ce théâtre minier où se mêlent espoir et désillusion, Shabara incarne un paradoxe tenace : celui d’une richesse abondante qui ne parvient pas encore à se traduire en justice sociale. Les creuseurs, debout dans la poussière et la dignité, refusent de se taire.
Parmi les voix qui s’élèvent, celle d’Israël Mutombo résonne avec force : « Des avancées visibles, mais les creuseurs restent lésés ». Une formule qui claque comme un verdict et qui appelle, au-delà des constats, une réponse urgente des autorités.
Guy Yuma G-Y et Kent Ilunga







Un commentaire
Cette article met la lumière dans ce coin là où j’avais travailler entre 2020 et 2022 . Oui nous étions face a une menace sur la vente de produits ils nous imposé leurs pris sans discussion et il est strictement interdite de faire sortir votre palette pour le vendre en dehors de ce site minier. malgré cela il y’avait pas des choix en lutte contre la famine la population est obligé de cédé a leurs pression. Dans notre palette nous êtes obligé de laissé 10% au komat comme taxe. Après la vente le sponsor enleve 40% et leurs dépenses dans la totalité d’argent. Les restes ce là que les travailleurs vont se distribuent. Avec cette allure le gouvernement devrait valoriser les creuseurs qui risquent leurs vie pour le befice des certaines personnes qui dorment dans le confort