La présidence change de mains, mais les défis restent sur la table. Réunis à Durban, les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ont confié, pour les douze prochains mois, les rênes de l’organisation à l’Afrique du Sud. À sa tête, Cyril Ramaphosa entend placer ce mandat sous le signe de l’industrialisation, de l’intégration économique et d’une coopération régionale renforcée.
La passation officielle de la présidence est intervenue lundi 17 août 2026, à l’occasion du 46ᵉ Sommet ordinaire de la SADC. Le président sud-africain succède ainsi à son homologue zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa. Un changement de leadership qui intervient à un moment où l’organisation régionale est appelée à traduire ses grandes déclarations en décisions capables de produire des effets visibles sur le terrain.
Pour Pretoria, l’un des grands enjeux sera de donner un nouvel élan aux économies de l’Afrique australe. L’intégration économique et l’industrialisation sont annoncées comme des priorités, avec l’ambition de renforcer les échanges entre les États membres, de stimuler les investissements et de créer davantage d’opportunités pour les populations. Un chantier immense dans une région qui cherche encore à libérer tout son potentiel économique.
Mais l’économie ne pourra pas faire oublier les turbulences sécuritaires qui secouent la région. La situation en République démocratique du Congo figure parmi les préoccupations majeures, alors que les tensions persistent dans l’Est du pays. La SADC devra donc conjuguer développement et sécurité, deux réalités désormais étroitement liées. Pour Pretoria, le défi sera de convaincre que l’organisation peut peser davantage lorsqu’une crise menace la stabilité de ses membres.
Pendant douze mois, les projecteurs seront braqués sur Cyril Ramaphosa et son équipe. Au-delà des discours, des sommets et des engagements, la nouvelle présidence sud-africaine sera jugée sur sa capacité à obtenir des résultats concrets. Industrialiser, intégrer les économies et répondre aux crises régionales : le programme est ambitieux. Reste maintenant à passer des promesses aux actes et à redonner à la SADC toute la force d’une organisation capable de transformer les défis de l’Afrique australe en opportunités.
Guy Yuma G-Y






