A l’Assemblée nationale de la RDC, le climat politique s’articule autour de la motion de défiance visant le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemain Shabani. Son initiateur, le député national Laddy Yangotikala, affiche une détermination sans équivoque malgré les pressions politiques et les sanctions internes dont il fait l’objet.
Dans une déclaration ferme, l’élu national dénonce une dégradation préoccupante de la situation sécuritaire en République démocratique du Congo. « Voir nos frères et sœurs se faire kidnapper en pleine ville n’est pas la vision du Chef de l’État. C’est un échec », martèle-t-il, pointant directement la responsabilité du ministre concerné.
Selon Laddy Yangotikala, 56 députés ont apposé leur signature au bas de cette motion de défiance. Il insiste sur le caractère institutionnel de la démarche : « Ce geste n’est ni personnel, ni opportuniste. C’est un acte de responsabilité assumée. » Pour l’élu, la motion de défiance constitue un levier démocratique prévu par la Constitution. « Ce n’est pas une attaque, mais un mécanisme de redevabilité. L’utiliser, c’est honorer le mandat que le peuple nous a confié », affirme-t-il.
Face aux pressions internes, l’élu de Kisangani affirme avoir été exclu de son regroupement politique. Une décision dont il dit « prendre acte », tout en revendiquant sa liberté d’action dans l’exercice de son mandat parlementaire. Il adresse néanmoins ses remerciements à Jean-Michel Sama Lukonde pour lui avoir permis, selon ses mots, d’exercer pleinement son pouvoir de contrôle sur l’action gouvernementale.
Loin de reculer, Laddy Yangotikala affirme que la procédure suit son cours normal. « Qu’on ne vous trompe pas. Ma motion de défiance n’a pas été retirée. Nous irons jusqu’au bout », prévient-il, rejetant toute accusation de déstabilisation des institutions. « Dénoncer un incompétent, ce n’est pas fragiliser les institutions », insiste-t-il.
Dans un geste politique fort, il a également annoncé son retrait temporaire de ses fonctions de président ad intérim de son parti, « Action des Volontaires pour la Relève Patriotique », afin de se consacrer pleinement à cette démarche parlementaire. Il met en avant la gravité de la situation sécuritaire dans plusieurs villes du pays, notamment Beni, Butembo, Kisangani, Lubumbashi, Boma et Moanda, où la criminalité inquiète de plus en plus les populations.
Malgré les turbulences politiques, Laddy Yangotikala se veut constant : « Mon engagement pour la Nation reste intact. Plus que jamais, je demeure au service du peuple congolais. »
ML






