Contre toute attente, une voix de l’opposition vient de saluer une initiative venue du camp présidentiel. Mike Mukebayi a publiquement applaudi la démarche d’Augustin Kabuya consistant à décaler la plénière en soirée, afin d’éviter un télescopage avec la manifestation annoncée par la coalition C64. Dans un climat politique congolais souvent rythmé par les bras de fer, les accusations et les tensions de rue, ce geste n’est pas passé inaperçu.
Pour l’opposant, cette décision dépasse le simple réaménagement d’un horaire parlementaire. Il y voit un signe d’ouverture et de recherche d’apaisement, allant jusqu’à parler d’un « acte fondateur et inattendu de l’UDPS ». Une appréciation qui tranche avec le ton habituellement musclé des échanges entre pouvoir et opposition. « Je tire mon chapeau à Augustin Kabuya, à qui je demande de poursuivre et d’aller plus loin pour contenir et encadrer les forces du progrès », a déclaré Mike Mukebayi.
Cette réaction intervient alors que les relations entre les autorités et plusieurs composantes de l’opposition restent tendues, particulièrement autour des mobilisations de la C64. Dans ce contexte électrique, le changement d’horaire de la plénière peut apparaître comme une volonté d’éviter que deux rendez-vous politiques ne se transforment en un face-à-face explosif. Pour Mukebayi, toute initiative capable de faire baisser la température politique mérite donc d’être encouragée.
Mais au-delà de cette décision ponctuelle, c’est surtout le geste politique de Mike Mukebayi qui intrigue. En saluant ouvertement un responsable de l’UDPS, l’opposant choisit, pour une fois, de mettre en avant ce qui peut rapprocher plutôt que ce qui divise. Une petite éclaircie dans un ciel politique souvent chargé de nuages. Son message à Augustin Kabuya ressemble ainsi à une invitation à aller plus loin sur le chemin du dialogue et de la décrispation.
Reste à savoir si cette main tendue trouvera un écho durable dans la classe politique congolaise. Rien, pour l’instant, ne permet de parler d’un rapprochement entre Mike Mukebayi et le pouvoir, encore moins d’un quelconque changement d’alliances. Mais dans une République où la confrontation politique prend parfois le pas sur le dialogue, savoir reconnaître un geste d’apaisement peut déjà constituer un signal fort. Et cette fois, au milieu de la tempête, une note d’espoir vient de résonner.
Guy Yuma G-Y






