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RDC : Joseph Kabila attaque les sanctions américaines devant la justice

Nouveau rebondissement dans le dossier Joseph Kabila. L’ancien président de la République démocratique du Congo a saisi, le 4 août 2026, la Cour fédérale du district de Columbia, aux États-Unis, pour contester sa désignation par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), une agence du Trésor américain. Cette mesure, prise le 30 avril dernier, l’accuse notamment de soutenir le M23 et l’AFC, deux mouvements au cœur de la crise sécuritaire dans l’est de la RDC.

Selon les informations révélées mercredi par Jeune Afrique, les avocats de Joseph Kabila contestent fermement les accusations formulées par le Trésor américain. Ils estiment que celles-ci sont trop vagues et ne précisent ni les dates des faits reprochés, ni les montants concernés, encore moins les éléments de preuve permettant de les établir. L’ancien chef de l’État considère également que ces accusations reprennent, en substance, celles déjà formulées par ses adversaires politiques à Kinshasa.

Dans sa plainte, la défense replace cette décision américaine dans un contexte politique particulièrement tendu en RDC. Elle évoque notamment la dissolution du parti de Joseph Kabila, la levée de son immunité ainsi que sa condamnation à mort par contumace en 2025. Pour ses avocats, ces différents événements constituent des éléments importants pour comprendre les accusations portées contre leur client et la mesure prise par Washington.

Autre argument avancé devant la justice américaine : l’histoire du M23 elle-même. Les avocats de Joseph Kabila rappellent que c’est sous sa présidence, en 2013, que l’armée congolaise, appuyée par la brigade d’intervention de la MONUSCO, avait réussi à mettre en déroute le mouvement rebelle. Ils contestent dès lors l’idée selon laquelle leur client aurait aujourd’hui apporté un soutien au même mouvement, estimant que les accusations américaines nécessitent des éléments beaucoup plus précis et vérifiables.

À travers cette procédure, Joseph Kabila ouvre donc un nouveau front, cette fois sur le terrain judiciaire américain. Ses avocats demandent l’annulation de la désignation de l’OFAC, invoquant notamment l’Administrative Procedure Act (APA) et soutenant que la décision serait arbitraire et irait au-delà du cadre légal du décret présidentiel utilisé pour la justifier. Le dossier est désormais entre les mains de la justice américaine, avec, en toile de fond, une bataille juridique dont les répercussions pourraient dépasser les frontières des États-Unis et résonner jusque dans le paysage politique congolais.

Guy Yuma G-Y

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