Après près de cinq ans de silence, l’ancien ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST), Willy Bakonga, est sorti de sa réserve. Invité sur le plateau de Bosolo Télévision, il a signé sa rentrée politique en abordant sans détour plusieurs sujets d’actualité, dont son positionnement politique, la situation sécuritaire dans l’Est du pays et la question du dialogue national.
Longtemps perçu comme un kabiliste radical, Willy Bakonga affirme aujourd’hui avoir définitivement tourné la page. « Le temps de parler de Kabila est révolu », a-t-il déclaré, rompant publiquement avec l’ancien président.
Désormais membre de l’Union sacrée, il explique son ralliement par la pression de sa base politique et affirme assumer pleinement son choix de rejoindre la famille politique du président Félix-Antoine Tshisekedi. Il se dit engagé, loyal et attaché au chef de l’État.
Sur la question du dialogue politique, Willy Bakonga soutient la démarche initiée par le président de la République, qu’il juge nécessaire entre fils et filles du pays. Toutefois, il insiste sur certaines lignes rouges à ne pas franchir, notamment le refus de toute négociation avec des acteurs armés ou avec ceux qui ont choisi la violence pour exprimer leurs revendications.
Abordant le débat autour de la tenue des élections en 2028, l’ancien ministre estime que la décision revient avant tout au souverain primaire. Il considère qu’il n’y aurait pas péril en la demeure si le chef de l’État devait rester en fonction au-delà de cette échéance, évoquant le précédent de 2016, lorsque Joseph Kabila était resté au pouvoir en raison des contraintes ayant frappé le pays.
Revenant sur son passage à la tête du ministère de l’EPST, Willy Bakonga a dressé un bilan qu’il juge positif. Il met en avant la mise en œuvre de la gratuité de l’enseignement primaire, qui aurait permis à plus de sept millions d’enfants de reprendre le chemin de l’école, en particulier dans les milieux les plus défavorisés. Il évoque également la suppression de la motivation des enseignants par les parents, le retour des écoles conventionnées dans le système de la gratuité, ainsi que le paiement de plus de 100 000 enseignants non payés et de 55 000 nouvelles unités.
Il souligne aussi l’amélioration des salaires des enseignants, l’augmentation des frais de fonctionnement des écoles publiques, l’instauration de l’enseignement à distance durant la pandémie de Covid-19 pour éviter une année blanche, ainsi que l’organisation des épreuves certificatives nationales.
Passionné par le secteur éducatif et promoteur de plusieurs écoles à Kinshasa, Willy Bakonga se présente aujourd’hui comme un acteur disponible pour contribuer à la relance de l’enseignement primaire, secondaire et technique, dans un contexte politique qu’il dit désormais assumer sans ambiguïté.
ML






