La RDC hausse le ton devant le Conseil de sécurité des Nations unies. Alors que les efforts diplomatiques se poursuivent pour ramener la paix dans l’Est du pays, Kinshasa demande désormais le gel de toute nouvelle participation, de tout déploiement et de toute rotation de contingents rwandais dans les opérations de paix de l’ONU. Une exigence que les autorités congolaises conditionnent au retrait vérifié des forces rwandaises du territoire national.
Portée mardi 29 septembre par le représentant permanent de la RDC à l’ONU, Zénon Mukongo Ngay, cette demande s’appuie notamment sur la résolution 2773 du Conseil de sécurité. Adoptée en février 2025, celle-ci appelle notamment les forces rwandaises à mettre fin à leur soutien au M23 et à se retirer du territoire congolais. Pour Kinshasa, ces engagements restent largement inexécutés.
La tension s’est encore avivée avec l’incident signalé à Pinga, dans le Nord-Kivu. Kinshasa accuse les Forces de défense rwandaises d’avoir mené, le 28 septembre, une frappe de drone contre une position congolaise. Selon la délégation congolaise, cette attaque aurait fait cinq morts et huit blessés graves. La RDC demande qu’une vérification soit menée par les mécanismes compétents et souhaite que le Conseil de sécurité se prononce sur cet incident.
Au-delà du gel des contingents rwandais, Kinshasa a également dénoncé devant le Conseil de sécurité l’installation d’administrations parallèles dans les zones contrôlées par l’AFC/M23 ainsi que les restrictions qui, selon elle, compliquent l’accès des Nations unies aux populations vulnérables. La RDC demande parallèlement que la MONUSCO continue de jouer un rôle dans la protection des civils, le suivi du cessez-le-feu et l’accompagnement du processus de désarmement des FDLR.
À New York, le dossier congolais reste ainsi pris entre pressions diplomatiques, accusations sécuritaires et recherche d’un règlement négocié. Le chef de la MONUSCO, James Swan, a pour sa part relevé devant le Conseil de sécurité à la fois des avancées dans les processus de Washington et de Doha et la persistance des affrontements dans l’Est. Il appelle les parties à transformer leurs engagements diplomatiques en résultats concrets pour la paix.
Guy Yuma G-Y






