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Matadi : la ferraille, un trésor de survie pour des centaines de familles frappées par le chômage

Dans les rues de Matadi, ce que beaucoup considèrent comme de simples déchets métalliques est devenu une véritable mine d’opportunités. Face à la rareté des emplois formels, des centaines de jeunes ont trouvé dans la récupération et la vente de ferraille un moyen digne de subvenir à leurs besoins. Une activité autrefois discrète qui s’impose aujourd’hui comme un pilier de l’économie informelle de la ville.

Dès les premières heures de la journée, les collecteurs parcourent les quartiers à la recherche de métaux usagés. Achetée auprès des ménages ou récupérée sur différents sites, la ferraille est ensuite acheminée vers des dépôts où elle est triée avant d’être expédiée à Kinshasa. Chaque kilogramme récupéré représente un pas de plus vers un revenu indispensable pour des familles confrontées aux difficultés du quotidien.

Au-delà de la simple collecte, cette filière fait vivre tout un écosystème. Des ouvriers assurent le tri et le stockage des métaux, d’autres s’occupent du transport et de la commercialisation, tandis que plusieurs femmes achètent des morceaux de tôle pour fabriquer des braseros et divers objets artisanaux. Une partie importante de cette ferraille est ensuite transformée par une entreprise métallurgique de Kinshasa en barres de fer destinées au secteur de la construction, la tonne étant négociée autour de 350 dollars américains.

Pour les jeunes récupérateurs, ce métier est avant tout un choix de dignité. Malgré des revenus souvent modestes, ils affirment préférer les efforts d’un travail pénible aux chemins de la délinquance ou de l’oisiveté. Ils appellent également les autorités à mieux intégrer leur activité dans les politiques de gestion des déchets, notamment lors des opérations d’évacuation des épaves, qui pourraient générer davantage d’opportunités d’emploi.

À Matadi, le commerce de la ferraille raconte une autre histoire de résilience. Là où certains ne voient que des rebuts, des centaines de familles bâtissent leur quotidien et nourrissent leurs espoirs. Dans une ville où l’emploi se fait rare, le recyclage des métaux s’impose comme un levier concret de survie économique et un symbole de courage face à l’adversité.

Guy Yuma G-Y

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