Après près de quinze années d’interruption, le train urbain de l’ONATRA a repris du service à Kinshasa. Le convoi, parti à 8h05 de la gare de Tshenke, à Masina, a rejoint la Gare centrale à 9h23, après avoir desservi près d’une dizaine d’arrêts. Une reprise qui redonne, au-delà des rails, une lueur d’espoir à des milliers de Kinois confrontés quotidiennement aux embouteillages.

Avec un billet compris entre 2 000 et 5 000 francs congolais, selon la classe choisie, le train se présente comme une alternative au transport routier, particulièrement sur le boulevard Lumumba, l’un des principaux axes reliant l’est de la capitale au centre-ville. Pour de nombreux usagers, pouvoir effectuer le trajet dans un temps relativement maîtrisé pourrait changer le quotidien, là où les embouteillages transforment parfois quelques kilomètres en de longues heures de patience.
Cette reprise est donc accueillie avec enthousiasme, mais aussi avec une certaine prudence. Car le véritable défi ne sera pas seulement de faire rouler les trains, mais de garantir leur régularité, leur ponctualité, leur sécurité et leur disponibilité. Après quinze années d’attente, les Kinois veulent désormais un service qui dure, qui fonctionne et sur lequel ils peuvent compter chaque jour.

Dans une ville où la circulation constitue l’un des grands casse-têtes du quotidien, le retour du train peut ainsi ouvrir une nouvelle page dans l’histoire de la mobilité urbaine. Des travailleurs, des étudiants, des commerçants et des familles pourraient y trouver un moyen de déplacement plus prévisible, capable de leur faire gagner un temps précieux. Sur les rails, c’est peut-être une partie du temps perdu dans les bouchons que Kinshasa cherche enfin à récupérer.
Pour l’ONATRA, l’heure est donc à la confirmation. Cette reprise ne doit pas être un simple coup d’éclat, mais le début d’un service public solide, régulier et progressivement étendu. Le train est de nouveau là ; il reste maintenant à faire en sorte que son sifflet ne résonne pas seulement comme le souvenir d’un retour, mais comme le bruit d’une capitale qui avance.
Guy Yuma G-Y






