Une marée blanche a envahi les rues de Kinshasa ce mardi 22 septembre. Nombreux et majoritairement vêtus de blanc, militants et sympathisants du pouvoir ont répondu à l’appel de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel. Dans une ambiance festive, le cortège a pris d’assaut le boulevard Lumumba avant de remonter le boulevard Triomphal, direction le stade des Martyrs. Au cœur de cette mobilisation : le soutien aux institutions de la République, au dialogue inclusif et à la loi référendaire.
Dans les rangs de l’UDPS, le ton était à la démonstration de force. Le secrétaire général du parti, Augustin Kabuya, a mis en avant la rapidité avec laquelle cette mobilisation a été organisée. « Que l’opposition prenne même six mois pour mobiliser autant de gens. Nous n’avons pris que quatre jours », a-t-il lancé, dans un message qui traduit la volonté du parti présidentiel de mesurer sa capacité de mobilisation à celle de ses adversaires politiques.

Même son de cloche du côté de Peter Kazadi. Pour l’ancien vice-Premier ministre, cette mobilisation constitue une nouvelle illustration de la capacité de l’UDPS à rassembler. Il estime que la présence massive des participants traduit un soutien au président de la République et aux institutions nationales. Il y voit également un « signal politique fort », révélateur, selon lui, de l’attachement de la population à la stabilité des institutions et à la continuité de l’action de l’État.
Sur le terrain, la manifestation s’est déroulée dans le calme. Un important dispositif sécuritaire a encadré le cortège, sans toutefois atteindre le niveau observé lors de la marche de l’opposition du 15 septembre dernier. Aucun débordement majeur n’a été signalé en marge de la mobilisation. Dans les rangs des manifestants, l’ambiance demeurait néanmoins électrique, certains allant jusqu’à afficher ouvertement leur volonté de démontrer à l’opposition la capacité de mobilisation du camp présidentiel.
Au-delà des chants, des slogans et des habits blancs, cette journée aura ainsi offert une nouvelle image de la bataille politique dans la capitale. Entre pouvoir et opposition, les rues de Kinshasa deviennent progressivement le théâtre d’une compétition de mobilisation où chaque rassemblement se veut un message, chaque foule une démonstration et chaque slogan une réponse à l’adversaire. Mardi, l’UDPS a voulu faire entendre le sien : le camp présidentiel entend occuper pleinement l’espace politique et populaire.
Guy Yuma G-Y






