Les premières pluies abondantes de la saison se sont abattues sur Kinshasa dans la nuit de jeudi à vendredi, accompagnées d’orages parfois violents. Un retour attendu, mais qui réveille déjà les inquiétudes liées aux inondations, aux érosions et aux perturbations de la circulation urbaine.
La Mettelsat avait annoncé le début moyen de la saison des pluies autour du 20 septembre, avec une marge d’environ sept jours, tout en appelant la population à la vigilance face aux risques d’inondations et de glissements de terrain. Une alerte également relayée par l’Assemblée provinciale de Kinshasa, qui redoutait des précipitations aux conséquences potentiellement dévastatrices.
Sur le terrain, les premiers effets de ces intempéries se font déjà ressentir. Dans plusieurs communes de la capitale, notamment Limete, Selembao, Kalamu, Bumbu et Ngaliema, les eaux de ruissellement envahissent régulièrement les habitations situées dans les zones vulnérables.
À l’origine de cette situation, des caniveaux et collecteurs souvent obstrués par des bouteilles en plastique, du sable et divers résidus ménagers. Faute d’un curage préventif à grande échelle durant la saison sèche, les ouvrages d’évacuation peinent à remplir leur rôle.
Les riverains des rivières Kalamu, N’djili et Bichakuchaku figurent parmi les plus exposés, l’urbanisation anarchique ayant considérablement réduit les lits naturels de ces cours d’eau.
Les conséquences sont également visibles sur plusieurs axes routiers de la ville.
À chaque forte pluie, certaines avenues se transforment en véritables plans d’eau, compliquant la mobilité des usagers. Par endroits, des chaussées récemment aménagées présentent déjà des nids-de-poule remplis d’eau, obligeant automobilistes, motocyclistes et conducteurs de tricycles à multiplier les détours.
Cette situation engendre de gigantesques embouteillages aux heures de pointe et accélère la dégradation du réseau routier déjà fragilisé.
Les habitants redoutent également la recrudescence des phénomènes d’érosion et de glissements de terrain.
Dans les communes collinaires de Mont-Ngafula, Ngaliema et Selembao, les sols fragilisés par les précipitations représentent une menace permanente pour les habitations et les infrastructures.
Conscient de ces risques, le gouvernement, réuni au début du mois de septembre sous la direction de la Première ministre Judith Suminwa, avait annoncé la mise en œuvre d’un plan national de lutte contre les érosions et les inondations.
Par ailleurs, les orages qui accompagnent généralement cette période provoquent régulièrement des dommages sur les installations de distribution de la SNEL, occasionnant des perturbations dans la fourniture de l’électricité. Les eaux pluviales contribuent également à la dégradation des voies routières et des infrastructures urbaines.
Face à cette situation, les autorités provinciales et nationales invitent les habitants des zones à risques, notamment ceux vivant aux abords des rivières, dans les vallées ou au pied des collines, à faire preuve de la plus grande prudence. Elles appellent également la population à préserver les emprises des collecteurs et à éviter d’y déverser des déchets, afin de limiter les risques d’inondation durant toute la saison des pluies.
B.M.






