La basilique dédiée à la bienheureuse Anuarite Nengapeta tarde toujours à sortir de terre. Plus de dix ans après la pose de la première pierre, le chantier reste inachevé, alors que plusieurs initiatives ont été engagées au fil des années pour mobiliser des ressources en faveur de cet édifice présenté comme un haut lieu national de mémoire et de pèlerinage.
C’est l’un des dossiers examinés par l’équipe de Bosolo Télévision, conduite par le journaliste Israël Mutombo, au cours de sa mission dans le Haut-Uélé. Sur place, l’état d’avancement des travaux contraste avec les différentes campagnes de mobilisation lancées depuis le début du projet.
La première pierre de la future basilique a été posée le 1er décembre 2014 par le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, alors archevêque de Kinshasa, à l’occasion des commémorations consacrées à la bienheureuse Anuarite. Le projet devait doter Isiro d’un sanctuaire à la hauteur de la place occupée par cette figure religieuse dans l’histoire du pays.
Quelques années plus tard, en août 2019, les travaux ont été relancés avec l’implication du gouvernement provincial du Haut-Uélé et du diocèse d’Isiro-Niangara. Mais cette relance n’a pas permis, à ce jour, de conduire le chantier à son achèvement.
La mobilisation financière s’est pourtant poursuivie. Une initiative importante est intervenue entre décembre 2023 et décembre 2024, période au cours de laquelle l’Église catholique en RDC a consacré une année à la bienheureuse Anuarite. Des collectes ont notamment été organisées dans les paroisses à travers le pays en faveur de la construction du sanctuaire.
À ces contributions ecclésiales se sont ajoutées, selon les différentes communications faites autour du projet, des interventions de responsables publics, de particuliers et de fidèles. Mais une question demeure centrale : quel montant total a réellement été mobilisé depuis le lancement du chantier et quelle part de ces ressources a effectivement été consacrée aux travaux ?
C’est précisément sur ce point que l’état actuel du chantier appelle des explications. L’enjeu n’est pas d’établir, sans éléments comptables, une quelconque irrégularité dans la gestion des fonds. Il est de savoir combien a été collecté, auprès de qui, à quelles périodes, pour quelles dépenses et avec quels résultats visibles sur le terrain.
Une autre interrogation concerne le dispositif de gestion du projet. Quelle structure assure aujourd’hui la coordination du chantier ? Existe-t-il un état financier consolidé des recettes et des dépenses ? Les donateurs et les fidèles ont-ils accès à des rapports périodiques sur l’utilisation des contributions ? Et quel calendrier réaliste a été fixé pour l’achèvement de l’ouvrage ?
Ces questions prennent une importance particulière à Isiro, où la figure d’Anuarite occupe une place considérable dans la mémoire religieuse et historique. La ville conserve déjà plusieurs sites liés à son parcours : la « Maison Bleue », Dingilipi, Kinkole et la cathédrale Sainte-Thérèse, où reposent aujourd’hui ses restes.
La basilique projetée devait compléter cet ensemble et renforcer la vocation de la ville comme lieu de pèlerinage autour de la bienheureuse. Mais tant que le chantier reste inachevé, le projet demeure confronté à une double exigence : terminer l’ouvrage et rendre lisible, de manière transparente, le parcours des ressources mobilisées pour sa construction.
Au cours de sa mission dans le Haut-Uélé, l’équipe de Bosolo Télévision a ainsi placé le chantier devant une question simple, mais essentielle pour tout projet financé par la générosité publique ou privée : où en sont les travaux et que sont devenues les différentes ressources mobilisées pour les réaliser ? Des questions qui restent ouvertes à ce stade. L’équipe de Bosolo Télévision poursuivra ses investigations afin de documenter l’état d’avancement du chantier, les ressources mobilisées et leur utilisation. Nous y reviendrons.
ML





