Le ciel de Kenge s’est assombri, laissant derrière lui une onde de choc qui résonne jusqu’au cœur de la magistrature congolaise. Au lendemain du crash aérien survenu dans la province du Kwango, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) s’est réuni en urgence, samedi 26 septembre à Kinshasa. Le drame a emporté deux figures majeures de la justice militaire : le Premier Président de la Haute Cour militaire, le Lieutenant-Général Joseph Mutombo Katalay, et l’Auditeur Général près la Haute Cour militaire, le Lieutenant-Général Lucien René Likulia Bakumi.
Présidée par Dieudonné Kamuleta Badibanga, président de la Cour constitutionnelle et du Conseil supérieur de la magistrature, cette réunion d’urgence avait pour objectif de faire le point sur la situation et d’examiner les dispositions à prendre pour la suite. Au cœur des échanges : les enquêtes en cours, l’identification des victimes et les préparatifs liés aux obsèques. Face à la gravité de la situation, le CSM entend ainsi avancer avec prudence, dans l’attente des conclusions officielles des investigations.
Au sortir de la réunion, Jean-Paul Mukolo Nkokesha, procureur général près le Conseil d’État, a appelé à la retenue. « Le président du Conseil supérieur de la magistrature a convoqué une réunion d’urgence pour examiner la situation et envisager l’avenir, notamment en ce qui concerne les obsèques », a-t-il expliqué. Il a surtout insisté sur la nécessité d’attendre les résultats des enquêtes : « À ce jour, nous ne pouvons rien certifier avant que les enquêtes ne soient clôturées et les corps identifiés. » Une déclaration qui rappelle que, derrière l’émotion suscitée par le drame, la vérité sur les circonstances du crash reste encore entre les mains des enquêteurs.
Après cette réunion, la solidarité institutionnelle s’est transformée en présence humaine auprès des familles éprouvées. La délégation du CSM s’est rendue d’abord à Gombe, auprès des proches du Lieutenant-Général Lucien René Likulia Bakumi, avant de poursuivre sa démarche à Lingwala, auprès de la famille du Lieutenant-Général Joseph Mutombo Katalay. Dans ces moments où les mots peinent parfois à traduire la douleur, la présence des membres du CSM se voulait un geste de compassion, de soutien et de proximité envers les familles frappées par cette tragédie.
Ainsi, au-delà des fonctions et des titres, c’est une page douloureuse qui vient de s’écrire dans l’histoire de la magistrature militaire congolaise. Le CSM se retrouve désormais face à une double exigence : accompagner les familles dans l’épreuve et laisser les enquêtes établir, avec précision, les circonstances de ce crash. Kenge porte encore le silence du drame, Kinshasa en ressent le poids, tandis que la magistrature congolaise pleure deux de ses serviteurs, dans l’attente de la lumière que devront apporter les investigations.
Guy Yuma G-Y






