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RDC : crise politique, guerre, dialogue et Constitution, ce qu’il faut retenir du discours de Joseph Kabila en 10 points.

Dans une adresse rendue publique ce vendredi 9 octobre 2026, l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange, a dressé un réquisitoire sévère contre la gouvernance de Félix Tshisekedi. Crise institutionnelle, insécurité, rejet du dialogue national, corruption et projet de changement constitutionnel : l’ancien chef de l’État a abordé plusieurs sujets majeurs, avant d’annoncer de nouvelles initiatives dans les heures, jours et semaines à venir.

  1. « Notre pays n’est plus une République, encore moins démocratique »

Joseph Kabila estime que la RDC traverse une grave crise institutionnelle et démocratique. Il accuse le chef de l’État, Félix Tshisekedi, sans le nommer directement, de gouverner selon sa seule volonté plutôt que sur la base de la Constitution. Il le compare à « Ivan le Terrible » et lui reproche de considérer le Congo comme une « propriété privée ».

  1. Le bilan de son passage au pouvoir

L’ancien président affirme avoir hérité, en janvier 2001, d’un pays en « état de déliquescence totale ». Il soutient avoir transmis, le 24 janvier 2019, une RDC « réunifiée, largement pacifiée », dotée d’institutions fonctionnelles, d’une économie « dynamique et résiliente » et d’une armée « de plus en plus professionnelle ».

Selon lui, depuis l’alternance, l’existence même de la RDC en tant que nation et État est de nouveau menacée.

  1. Une cohésion nationale qui « a volé en éclats »

Joseph Kabila dénonce les conséquences de ce qu’il qualifie de gouvernance « irresponsable et surannée ». Il estime que la cohésion nationale s’est effondrée et que la paix ainsi que le vivre-ensemble ont laissé place aux conflits identitaires, à l’insécurité et à la guerre.

Il rappelle avoir proposé, lors de son adresse du 23 mai 2025, une « thérapie de choc en 12 points » pour redresser la situation du pays. Il affirme que ses propositions, mises en garde et conseils ont été ignorés et que la situation n’a cessé d’empirer.

  1. Une guerre que le pouvoir n’aurait « ni la volonté ni les moyens de gagner »

Sur le plan sécuritaire, l’ancien président accuse le pouvoir de poursuivre la guerre pour des raisons qu’il juge politiquement intéressées, malgré les revers répétés des FARDC.

Il dénonce notamment le non-respect du cessez-le-feu signé à Doha, la collaboration avec les Maï-Maï, qu’il décrit comme « rebaptisés Wazalendo », les FDLR et d’autres groupes armés étrangers. Il accuse également le pouvoir de les approvisionner en armes et de bombarder des populations civiles.

  1. Le refus du dialogue national inclusif

Joseph Kabila reproche au pouvoir d’avoir rejeté les initiatives de paix proposées par la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), l’Union africaine et différents pays partenaires.

Il dénonce également le sort réservé à l’initiative de dialogue portée par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), qu’il présente comme soutenue par la majorité de la population et des forces politiques et sociales.

« Face à la crise, il ne cherche pas la solution, mais la soumission, sans discussion ni condition, de tous ceux qui ne partagent pas ses idées et ses méthodes », déclare-t-il.

  1. Des accusations de répression et de corruption

L’ancien chef de l’État affirme que les emprisonnements de cadres de l’opposition, d’activistes des droits humains, de journalistes et d’autres citoyens ont atteint des « records inédits ».

Il dénonce également les assassinats et massacres qui, selon lui, n’ont pas donné lieu à des poursuites judiciaires sérieuses ni à des sanctions. Sur le plan économique et financier, il estime que « les contrats léonins, la corruption et le détournement ne se sont jamais mieux portés ».

  1. Son opposition au changement de la Constitution

Joseph Kabila accuse le pouvoir de vouloir modifier la Constitution et de mettre ainsi fin au pacte républicain hérité de Sun City.

Pour étayer son accusation, il évoque la reprise des travaux parlementaires sur la proposition de loi relative au référendum, les campagnes de sensibilisation et les manifestations favorables au changement constitutionnel, ainsi que la répression violente des manifestations organisées contre ce projet.

Il estime que cette orientation démontre qu’il n’y a « rien du tout à attendre du pouvoir actuel » pour sortir le pays de la crise.

  1. L’accord sur les minerais critiques avec les États-Unis

Joseph Kabila met en garde contre l’idée selon laquelle l’accord conclu entre Kinshasa et Washington sur les minerais critiques garantirait un soutien américain inconditionnel au régime actuel.

Il rappelle que les accords conclus entre États reposent sur le principe de la continuité de l’État et non sur le maintien des dirigeants au pouvoir. Il reproche également au chef de l’État son inconstance, le non-respect de ses engagements et son refus, selon lui, d’assumer les échecs.

  1. Une critique du fonctionnement des institutions

L’ancien président accuse ceux qui sont chargés de garantir le bon fonctionnement des institutions d’avoir privilégié « la surenchère du culte de la personnalité ».

Il affirme que les engagements non tenus et les promesses non respectées ont fait perdre au pouvoir toute légitimité aux yeux de la population. Ces critiques s’inscrivent dans son réquisitoire général contre la gouvernance actuelle.

  1. De nouvelles initiatives annoncées pour « sauver » le Congo

En conclusion, Joseph Kabila affirme que « le Congo est en péril » et que son sauvetage constitue « un impératif et une urgence ».

Il estime que le peuple congolais, « trahi par celui qui avait fait le serment de le protéger », a désormais « rendez-vous avec l’histoire ». Il appelle les Congolais à prendre leurs responsabilités et annonce qu’il partagera « dans les heures, jours et semaines à venir » sa conviction sur les actions à entreprendre collectivement face à la gravité de la situation.

L’ancien président ne précise pas encore la nature de ces initiatives, mais annonce de prochaines prises de position sur les moyens de répondre à la crise qu’il dénonce.

ML

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