La déclaration fait l’effet d’une décharge électrique. La République démocratique du Congo aurait accepté de renoncer à près de 600 millions de dollars américains afin de permettre à sa population de suivre la Coupe du monde dans de bonnes conditions électriques. C’est ce qu’a affirmé le directeur général de la Société nationale d’électricité (SNEL), Prof. Dr Ir Teddy Lwamba, lors de son intervention. Une sortie qui met en lumière l’ampleur des efforts consentis par le secteur électrique pour répondre aux besoins de la population lors de cette grande fête sportive.
D’après le patron de la SNEL, cette situation s’explique par les dispositions prises pour garantir une fourniture d’électricité de meilleure qualité pendant la compétition. L’objectif était de limiter les perturbations et de permettre aux Congolais de vivre les rencontres de la Coupe du monde sans être constamment confrontés aux coupures de courant. Une ambition qui, selon les explications fournies, aurait eu un coût financier particulièrement lourd pour le pays.
Derrière les chiffres, c’est toute la fragilité du système électrique congolais qui se dévoile. Produire davantage d’électricité, maintenir les installations, transporter l’énergie et la distribuer jusqu’aux ménages nécessitent des moyens considérables. Dans un pays où la demande énergétique reste largement supérieure à l’offre disponible, chaque effort supplémentaire pèse sur les finances du secteur. Les propos du DG de la SNEL donnent ainsi un aperçu des sacrifices consentis pour maintenir tant bien que mal la lumière dans les foyers congolais.
Cette déclaration intervient alors que la SNEL multiplie les pistes pour améliorer durablement la desserte, particulièrement à Kinshasa. Parmi les solutions évoquées figure notamment le recours à une centrale électrique flottante de 134 MW, destinée à renforcer l’offre disponible dans la capitale. Mais au-delà des solutions d’urgence, l’entreprise doit également composer avec d’autres difficultés, notamment le recouvrement des factures, les raccordements frauduleux, les pertes sur le réseau ainsi que le vieillissement de certaines infrastructures.
Entre le ballon rond et les câbles électriques, le même enjeu apparaît : celui de la lumière. Pour la SNEL, l’objectif est désormais de dépasser les réponses ponctuelles et de construire un système capable de répondre durablement aux besoins d’une population congolaise toujours plus demandeuse d’énergie. Les 600 millions USD évoqués par Teddy Lwamba, s’ils sont confirmés et précisés dans leur contexte, illustrent en tout cas le prix parfois exorbitant payé pour maintenir l’électricité au rendez-vous lorsque la nation entière avait les yeux rivés sur le Mondial.
Guy Yuma G-Y





