« Nous n’attendons pas de nouveaux textes pour remplacer ceux qui ont déjà été adoptés. Nous attendons leur exécution. » À la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, mercredi 23 septembre, la Première ministre congolaise Judith Suminwa Tuluka a placé la question de la mise en œuvre au centre du discours de la République démocratique du Congo.
Derrière cette déclaration, une préoccupation majeure de Kinshasa : malgré la multiplication des initiatives diplomatiques, la situation sécuritaire dans l’Est du pays continue de peser lourdement sur les populations.
Des engagements, mais encore des attentes
Judith Suminwa a rappelé les différentes démarches engagées pour tenter de ramener la paix dans l’Est de la RDC, notamment l’accord signé à Washington en juin 2025 et le processus de Doha.
Mais pour la cheffe du gouvernement, l’enjeu n’est désormais plus de multiplier les cadres diplomatiques. Il s’agit de faire appliquer les engagements déjà pris.
« Nous attendons leur exécution », a-t-elle insisté, dans un message qui place la responsabilité de la mise en œuvre au cœur du processus de paix.
Sur le terrain, les violences armées, les déplacements de populations et la crise humanitaire continuent de constituer les principales préoccupations. Pour Kinshasa, la crédibilité des processus diplomatiques se mesurera donc à leurs effets concrets sur la sécurité des populations.
Le dialogue national comme autre levier
Le discours de Judith Suminwa ne s’est toutefois pas limité à la dimension internationale de la crise. La Première ministre a également défendu le dialogue national lancé en août en RDC.
Face aux interrogations que suscite cette initiative, elle a voulu clarifier son objectif : « renforcer la cohésion nationale », sans contourner les institutions ni ouvrir la voie à un partage du pouvoir.
Le gouvernement présente ainsi le dialogue comme un moyen de s’attaquer aux fragilités internes susceptibles d’affaiblir durablement la stabilité du pays.
Diplomatie et autorité de l’État
À New York, le message de Kinshasa repose donc sur trois axes : poursuivre les efforts diplomatiques, renforcer le dialogue au niveau national et restaurer l’autorité de l’État.
Pour Judith Suminwa, ces différents volets doivent avancer ensemble pour créer les conditions d’une paix durable.
Son intervention devant l’Assemblée générale de l’ONU aura surtout été marquée par une exigence : que les engagements pris au niveau international cessent de rester au stade des déclarations et produisent des effets tangibles pour les populations de l’Est de la RDC.
Guy Yuma G-Y






