Le débat sur la participation des groupes rebelles au prochain dialogue national continue de susciter des réactions en République démocratique du Congo. Pour Jean-Claude Katende, l’absence de ces groupes autour de la table peut se défendre, surtout lorsqu’il existe des soupçons qu’ils portent les intérêts d’une puissance étrangère. « Il est difficile d’accepter autour de la table des Congolais qui portent l’agenda d’une puissance étrangère », estime-t-il, plaçant ainsi la souveraineté nationale au cœur de sa réflexion.
Mais pour cet acteur de la société civile, le véritable enjeu ne se limite pas à la présence ou à l’absence des groupes armés. Le dialogue national, insiste-t-il, ne pourra être réellement bénéfique au Congo que s’il dépasse les intérêts individuels et les calculs politiques. Il doit être « ouvert, transparent » et dirigé par des personnalités indépendantes, suffisamment fortes pour résister aux manipulations des acteurs politiques, quel que soit leur camp.
Autre exigence avancée : la sélection des participants. Jean-Claude Katende plaide pour un processus démocratique capable de représenter les différentes sensibilités du pays. À ses yeux, le dialogue ne doit exclure aucune voix nationale légitime ni se transformer en une rencontre réservée à quelques familles politiques. Dans un pays marqué par de profondes fractures, la table du dialogue devrait, selon lui, refléter la diversité du Congo plutôt que consacrer une nouvelle fois les équilibres politiques du moment.
C’est précisément sur ce point qu’il lance une mise en garde au pouvoir. « Il faut éviter de faire du dialogue un congrès de l’Union sacrée de la nation », affirme-t-il. Une formule qui sonne comme un avertissement : si le dialogue devait simplement réunir les forces déjà proches du pouvoir, il risquerait de perdre sa raison d’être et de se réduire à une grande cérémonie politique sans véritable souffle national.
Enfin, Jean-Claude Katende interpelle directement le président Félix Tshisekedi. Il l’invite à faire de ce rendez-vous un véritable espace de recherche de solutions pour le pays, loin des manœuvres partisanes et des intérêts particuliers. Car, prévient-il, le chef de l’État joue ici une carte qui pourrait marquer durablement son passage à la tête du pays : « Si le président Tshisekedi agit ainsi, il va manquer l’Histoire pour longtemps. » Au-delà des querelles politiques, le défi est donc de faire du dialogue non pas une simple photographie de la majorité du moment, mais un véritable miroir des aspirations du peuple congolais.
Guy Yuma G-Y






