Le « Camp de la jeunesse » veut avoir voix au chapitre dans le prochain dialogue national inclusif annoncé par le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Réunis ce samedi 5 septembre autour d’un point de presse, les membres de cette coalition, chapeautée par Maître Henock Manoka Tezo, ont dévoilé leur position sur ces assises annoncées par le chef de l’État lors de sa dernière adresse à la nation, diffusée en direct sur la Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC). Pour cette organisation présentée comme un cadre de réflexion et de défense des intérêts de la jeunesse, le principe du dialogue est accepté, mais pas à n’importe quel prix.
Devant les professionnels des médias, Maître Henock Manoka Tezo a affirmé que la jeunesse congolaise entend prendre une part active à ce processus. Le « Camp de la jeunesse » confirme ainsi sa disponibilité à participer au dialogue national, tout en estimant que la voix des jeunes doit être entendue et prise en compte dans les grandes décisions qui engagent l’avenir du pays. Une position qui traduit, selon ses responsables, la volonté de faire de la jeunesse non pas un simple spectateur, mais un acteur à part entière de la recherche des solutions aux défis de la République démocratique du Congo.
Mais derrière ce « oui » se cachent huit réserves présentées comme des conditions essentielles à la participation effective de la coalition. Parmi celles-ci, le « Camp de la jeunesse » réclame notamment la libération de tous les jeunes Congolais incarcérés en raison de leurs opinions. La coalition demande également que toute personne ayant eu recours aux armes soit sanctionnée. Autre exigence mise en avant : la retransmission en direct des travaux du dialogue afin de permettre à la population de suivre les échanges et de renforcer la transparence du processus.
Pour Maître Henock Manoka Tezo et ses compagnons, ces exigences doivent permettre d’éviter que le dialogue national ne se transforme en une simple succession de déclarations sans lendemain. Leur démarche vise plutôt à inscrire les futures assises dans une logique de transparence, de responsabilité et surtout de résultats. Les huit réserves constituent ainsi une sorte de feuille de route que la coalition entend défendre autour de la table des discussions, avec l’ambition d’y porter les préoccupations d’une jeunesse qui souhaite peser davantage sur les choix qui dessinent son avenir.
Le message du « Camp de la jeunesse » est donc clair : oui au dialogue, mais avec des garanties. En se déclarant prêt à participer tout en posant ses conditions, le mouvement entend ouvrir un débat sur la place de la jeunesse dans la recherche d’une sortie aux difficultés que traverse le pays. Reste désormais à savoir comment le pouvoir et les autres forces appelées à prendre part à ces assises accueilleront ces huit réserves. Une chose est certaine : la jeunesse veut entrer dans la salle du dialogue avec ses idées, ses exigences et l’espoir de voir enfin les paroles se transformer en actes.
Guy Yuma G-Y






