Les ambitions de Corneille Nangaa de marcher jusqu’à Kinshasa continuent d’alimenter le débat. Invitée de l’émission du journaliste Pero Luwara, la journaliste belge Colette Braeckman, fine observatrice de la région des Grands Lacs et chroniqueuse au quotidien Le Soir, a livré une lecture sans détour des déclarations du chef de l’AFC/M23. Pour elle, ces ambitions relèvent davantage du rêve que d’une réalité politique ou militaire.
Avec une formule qui n’a pas tardé à faire réagir, Colette Braeckman a refroidi les ardeurs de l’ancien président de la CENI. « Quand on est à Goma, on peut toujours rêver. Il oublie que les Congolais ne vont pas se faire rouler deux fois », a-t-elle déclaré, laissant entendre que le contexte actuel ne se prête pas à une répétition des scénarios qui ont marqué l’histoire politique du pays.
La journaliste s’est également insurgée contre les comparaisons établies entre Corneille Nangaa et Mzee Laurent-Désiré Kabila. À ses yeux, les trajectoires des deux hommes n’ont ni le même relief ni la même profondeur historique. Elle rappelle que Laurent-Désiré Kabila a mené une longue lutte armée depuis les années 1960, portée par une vision politique d’inspiration lumumbiste, avant d’accéder au pouvoir plusieurs décennies plus tard.
À l’inverse, Colette Braeckman estime que le parcours de Corneille Nangaa ne présente aucun point de comparaison avec celui de l’ancien chef de l’État. « Nangaa a fait quoi ? Il a dirigé la CENI, et l’on sait dans quelles conditions », a-t-elle lancé, dans une déclaration qui ne manquera pas d’alimenter les discussions sur le rôle de l’ancien patron de la commission électorale dans l’histoire politique récente de la RDC.
Alors que l’est du pays demeure au cœur des tensions sécuritaires, cette sortie médiatique de Colette Braeckman apporte une lecture critique qui relance le débat sur les ambitions de l’AFC/M23 et les réalités du terrain. Une prise de position qui, au-delà de la polémique, rappelle que l’histoire de la RDC ne se réécrit ni à coups de slogans ni par la seule force des proclamations.
Guy Yuma G-Y






