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IGF : lancement du contrôle systémique et du plan stratégique 2026-2028

L’Inspection générale des finances (IGF) a annoncé, mercredi 20 mai 2026 lors d’un point-presse, le lancement du contrôle systémique ainsi que de son Plan stratégique triennal et directeur de digitalisation (SDD-IGF 2026-2028).

« Le contrôle systémique est un contrôle permanent, en temps réel, interconnecté et analytique, centré sur la traçabilité, la cohérence et la performance des systèmes de gestion publique », a expliqué Christophe Bitasimwa, inspecteur général des finances et chef de service.

Pensée dans le cadre de la modernisation du gendarme financier congolais, 39 ans après sa création, cette nouvelle approche vise à transformer l’IGF en véritable organe d’intelligence financière.

Selon Christophe Bitasimwa, ce contrôle se caractérise par cinq dimensions :

Préventif : détecter les défaillances avant les pertes (fraude, évasion, gaspillage).

Numérique : interconnexion des systèmes d’information (fiscaux, douaniers, paie, marchés publics).

Analytique : traitement des données pour repérer incohérences et cartographier les risques.

Structurant : uniformiser les procédures et corriger les failles systémiques.

Évolutif : adapter les méthodes aux évolutions technologiques et institutionnelles.Cette réforme marque la fin de la « patrouille financière », jugée lourde, coûteuse et peu durable.

« Dès que la présence de l’IGF se retire, les malversations reprennent », a souligné le numéro un de l’institution, évoquant aussi la perception négative d’un étouffement des gestionnaires et l’inadéquation du travail manuel face à la complexification des flux financiers mondiaux. Le SDD-IGF 2026-2028 s’articule autour de six axes :

  • Transformation digitale et maîtrise de l’information.
  • Transition vers un contrôle systémique basé sur le risque.
  • Protection et valorisation du patrimoine public.
  • Renforcement de la gouvernance économique et financière.
  • Amélioration de la qualité de la dépense publique.
  • Renforcement institutionnel par la déconcentration.

Le coût global de cette transformation est estimé à 39 millions USD, soit 13 millions par an. Les financements prévisibles couvrent 22 millions USD (56 %), laissant un besoin complémentaire de 17 millions USD.

En RDC, ce nouveau paradigme vise à ne plus seulement « attraper un fraudeur », mais à comprendre comment le système permet la fraude : failles logicielles, faiblesses administratives, circuits parallèles.

L’IGF pourra ainsi imposer des corrections immédiates pour sécuriser en amont les finances publiques.

B.M.

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