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RDC/ Culture : “Quand le droit se meut en musique” : un livre et une application pour démocratiser l’accès au droit en RDC

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À travers l’ouvrage « Quand le droit se meut en musique » et l’application Lex Musica, deux juristes congolais proposent une approche innovante pour vulgariser le droit. En s’appuyant sur la musique, langage universel et profondément ancré dans la société congolaise, ils ambitionnent de rendre la loi plus accessible, compréhensible et proche des citoyens.

En République démocratique du Congo, l’accès au droit demeure un défi majeur, malgré un principe fondamental : nul n’est censé ignorer la loi. Dans les faits, cette exigence reste difficile à concrétiser. La diffusion limitée du Journal officiel, la complexité du langage juridique et l’insuffisance de vulgarisation dans les langues nationales créent une distance réelle entre la loi et les citoyens. C’est à cette problématique que tente de répondre l’ouvrage « Quand le droit se meut en musique », signé par Aser Nzovu Luvuji et Jacques-Octave Kabamba. Leur ambition est de transformer la manière dont le droit est transmis en le rendant plus proche du vécu quotidien.

Au cœur de leur démarche, une idée forte : rendre le droit “consommable”, c’est-à-dire simple, compréhensible et accessible à tous, et non réservé à une élite. Pour y parvenir, ils s’appuient sur un vecteur inattendu mais profondément ancré dans la société congolaise : la musique. De Kinshasa à Goma, en passant par Kisangani ou Kahemba, la musique traverse les barrières linguistiques et sociales. Elle constitue un langage commun, partagé et immédiatement compréhensible. Selon les auteurs, elle peut ainsi devenir un outil pédagogique puissant pour expliquer des notions juridiques complexes.

Cette approche repose sur une expérience concrète. Fort de plus de vingt ans d’enseignement universitaire, le professeur Aser Nzovu Luvuji a constaté que les étudiants assimilent mieux les concepts juridiques lorsqu’ils sont illustrés par des références musicales. Il évoque notamment un exercice inspiré d’une œuvre de Papa Wemba, à partir duquel les étudiants ont su mobiliser avec précision des notions liées à la propriété forestière, démontrant ainsi que la musique peut servir de passerelle efficace vers le droit. Cette logique s’étend également à la pratique judiciaire, où l’usage d’illustrations musicales dans l’argumentation permet de marquer durablement les esprits.
L’initiative ne se limite pas au livre. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de vulgarisation du droit, notamment à travers le numérique.

L’application Lex Musica, accessible via Play Store, permet aux utilisateurs de s’inscrire facilement et de choisir un artiste, afin d’accéder à des contenus juridiques présentés dans un format inspiré de l’univers musical. L’objectif est de toucher un public large et de favoriser une appropriation citoyenne du droit. Dans le cadre du vernissage, les initiateurs ont également opté pour une démarche participative en invitant le public à voter pour désigner le musicien qui parrainera l’événement, renforçant ainsi le lien entre culture populaire et transmission du savoir juridique.

Au-delà de son caractère innovant, « Quand le droit se meut en musique » porte une ambition plus profonde : contribuer à l’émergence d’une culture juridique populaire en RDC. Car un État de droit ne se limite pas à l’existence de lois, il repose aussi sur la capacité des citoyens à les comprendre et à se les approprier. En croisant droit, musique et technologie, les auteurs ouvrent ainsi une voie nouvelle : celle d’un droit qui ne se contente plus d’être écrit, mais qui se transmet, se partage et s’ancre dans le quotidien des citoyens.

ML

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